A la ferme de Sylvia on sauve le dindon noir du Gers


Quelques éleveurs de volailles passionnés, dont Sylvia, en Gironde, volent au secours du véritable Dindon Noir du Gers (vidéo Paysud) dont il ne reste plus que quelques dizaines de spécimens


Ce n'est pas une Thanksgiving à la gasconne, mais l'acte de foi d'une éleveuse passionnée par les races de volailles d'autrefois, et qui, comme quelques dizaines de ses collègues professionnels ou amateurs, volent au secours du dindon noir du Gers en perdition. On voit déjà la différence avec la sacro-sainte cérémonie de la présidence américaine, différence qui illustre d'ailleurs tout le drame du volatile gascon: ce dernier est noir, alors que celui qui est épargné chaque année à la Maison blanche est blanc. C'est à dire que l'Américain est le fruit de la recherche agronomique, de "l'amélioration" par les laboratoires publics ou privés, lesquels ont produit un mastodonte d'une vingtaine de kilos qui n'a plus rien à voir avec le dindon melagris gallopavo, originaire d'Amérique du Sud, venu en Europe par l'Espagne. Avant l'ère de l'industrialisation de l'aviculture, ce dindon était roi dans les fermes du Gers, sur les terres desquelles il gambadait, se suffisant presque à lui-même. Les dindes vendues sur les marchés à la veille de Noël, à l'âge de sept ou huit mois, offraient au consommateur une finesse et une qualité de chair incomparables. On va dire, certes, que la dinde de Noël produite encore à 450 000 exemplaires dans le Sud-Ouest, est bien elle-aussi, revêtue d'un plumage noir. Exact. Mais si elle ressemble beaucoup à son ancêtre, elle est également le fruit d'une amélioration, en même temps que la belle réussite d'un accouveur que les aviculteurs connaissent bien.

La passion de la biodiversité

Les élevages locaux s'étant tournés vers ces nouvelles souches, le dindon noir du Gers, le véritable, se retrouve sur la voie de la disparition . En Midi-Pyrénées, au Gasconne-Club, Christian Raoust explique qu'un plan d'urgence de sauvegarde a été mis en place avec le soutien de la région. Mais il était plus que temps. On a maintenant recensé une dizaine d'éleveurs qui ne représentent qu'une centaine de têtes, mais qui se sont engagés à conserver et à multiplier le dindon noir du Gers avec au moins un mâle est trois femelles. Parmi eux, Sylvia Chaintiou, à Guillos, en Gironde. Celle-ci, bien que d'origine allemande, tout en répondant à l'appel du Conservatoire des races d'Aquitaine, s'est prise de passion pour l'élevage et le maintien des races de volailles françaises d'avant l'ère industrielles.
Un élevage extraordinaire dans la lande girondine. Sept dindons noirs du Gers, mais aussi poules et canards trop oubliés. Une vidéo Paysud à voir...

Mercredi 29 Décembre 2010

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