Aéroport de Toulouse:la souveraineté bradée pour 300 millions d'euros?


Le juge des référés du Conseil d'Etat -qui ne juge pas sur le fond-rejette la demande de suspension de la procédure de privatisation d'un groupe d'opposants.


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Pour quelque 300 millions d'euros, guère plus qu'une bouchée de pain, le gouvernement décidait le 4 décembre dernier, de vendre ses parts (49,9 % de la société d'exploitation) de l'aéroport de Toulouse, à un consortium d'obédience chinoise, nommé Symbiose. Cette initiative a éveillé, et on le comprend, de fortes réticences toulousaines, et autres. Martin Malvy, président socialiste de la région Midi-Pyrénées, comme on l'imagine, très embarrassé par ce dossier, a tout de même demandé que l'Etat demeure majoritaire.
Deux actions ont été engagées, auprès du Conseil d'Etat, dont une devant le juge des référés, par des opposants (autres que la Région) représentés par Me Christophe Lèguevaques, et qui visait à obtenir la suspension immédiate de la procédure de privatisation. Les plaignants invoquaient notamment l'abus de pouvoir et le manque d'information des salariés. Le juge des référés a cependant rejeté la requête considérant qu'il n'y avait rien d'illégal dans la procédure engagée. Mais le même juge souligne nettement que l'arrêt ne porte pas sur le fond de l'affaire. Extrait:"Le juge des référés estime qu’aucun des moyens soulevés par les requérants n’est, en l’état de l’instruction, de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de cette décision administrative (...) Cette décision du juge des référés du Conseil d’État se borne à refuser une mesure de suspension provisoire : elle est prise par le juge des référés dans un bref délai et au vu des premiers éléments de l’instruction. Ce rejet est sans incidence sur l’issue de la demande d’annulation des mêmes décisions également formée par les requérants".


La clairvoyance de Jean-Louis Chauzy (CESER)

A propos du fond du problème, voici ce qu'écrivait, début décembre, dans un communiqué, le président du CESER de Midi-Pyrénées, Jean-Louis Chauzy:
"Au moment où le Gouvernement français doit faire le choix du concessionnaire pour gérer l’aéroport stratégique de Toulouse-Blagnac, le CESER de Midi-Pyrénées demande que soit retenue la candidature d’un champion français dans le domaine aéroportuaire.
En effet ni l’Etat chinois, ni le Gouvernement américain ne confient la gestion de leurs aéroports à des pays étrangers, quels que soient les relations d’amitié ou les accords de coopération.
Dans le cadre de la candidature chinoise portée médiatiquement par le groupe canadien SNC LAVALIN, bien connu au plan mondial pour des affaires qui lui ont valu d’être radié par la Banque mondiale selon les informations relayées par Mediapart le 28 Novembre 2014… il faut rappeler que le Gouvernement chinois, véritable décideur de tous les investissements, ne propose aucune réciprocité et n’offre pas ses aéroports ou infrastructures aux Français … Russes … ou Américains.
C’est donc aujourd’hui à la fois un problème de souveraineté, d’émergence de leaders français ADP ou VINCI, de capacités pour l’Etat dont c’est la fonction d’être garant de l’intérêt général avec une stratégie et une vision de long terme…
L’Agence des Participations et des Titres de l’Etat ne saurait brader les intérêts patrimoniaux de l’Etat !
Tous les acteurs économiques partagent ce point de vue, il en est de même des confédérations syndicales et des spécialistes français du commerce extérieur implantés en Chine qui nous alertent sur la fiabilité de groupes candidats à la reprise et s’interrogent sur des propositions trop alléchantes.
Un trafic de voyageurs multiplié par trois, Blagnac n’a pas vocation à devenir Orly… le financement des équipements locaux à réaliser… cela fait beaucoup de promesses et de dépenses pour un investissement seulement de 300 millions d’euros proposés par le consortium chinois.
L’Etat, les collectivités locales avec la CCIT de Toulouse et les banques mutualistes régionales doivent garder le pouvoir de décisions avec un opérateur français parce que l’aéroport de Toulouse-Blagnac avec ses trois zones d’activités constitue en 2014 le premier pôle de croissance et de développement économique de la France avec les fleurons mondiaux de l’industrie aéronautique".
Mardi 30 Décembre 2014

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