Les salons de l'hôtel de Rohan, à Bordeaux, avaient ce lundi des allures de palais présidentiel à l'occasion d'une séance de voeux, prolongée en conférence de presse, d'Alain Juppé. Affluence record de journalistes de la presse écrite et audiovisuelle sans doute plus en quête de déclarations sur la crise tunisienne du nouveau ministre français de la Défense, que d'informations sur la ville. Alain Juppé et son entourage réussissaient une mise en scène comme l'on en voit plus guère au plus haut niveau à Paris, mais c'était aussi l'occasion de se demander si le maire de Bordeaux a fait le meilleur choix pour son avenir politique en participant au gouvernement Fillon 2. La présence française en Afghanistan, et la fatalité nigérienne qui a entaché ses premières semaines au ministère de la Défense ne risquent-elles pas d'user prématurément ses éventuelles prétentions présidentielles?
En tout cas, concernant la malheureuse fin des otages français, Alain Juppé a été clair."Non, je ne démissionnerai pas. J'ai fait mon devoir. Nous avons décidé de ne pas permettre le départ des otages vers le Mali" a souligné le ministre d 'Etat, ministre de la Défense, en rappelant que les forces nigériennes étaient également fortement impliquées. Face aux rumeurs sur la mort des otages, il indiquait que l'un d'entre eux a été supplicié, et que pour le second, bien que le Procureur n'ait pas remis ses conclusions, on a tout de même trouvé une balle de Kalachnikov dans son corps.