Les opposants doutent, études à l'appui, du succès du frêt sur rail, et donc de la nécessité et de la rentabilité d'une ligne nouvelle mixte (voyageurs et marchandise) et estiment que l'on pourrait s'arranger avec les lignes existantes (RFF invoque cependant de nombreuses difficultés techniques). De plus, affirme le porte-parole du CADE, le TGV en reliant les grandes villes entre elles et en ignorant les territoires "ne crée pas de lien social". Les témoignages des associations confrontées aux mêmes problèmes dans d'autres pays d'Europe le confirment. Ce n'est pas l'avis du préfet de Région et de RFF. Ils soulignent, au contraire, l'effet bénéfique sur les territoires, l'intérêt de la création de "haltes" sur la LGV dans le cadre d'un aménagement concerté avec la région Aquitaine en charge des TER.
En tout cas les incidences environnementales prévisibles, ainsi que celles sur l'agriculture ou la sylviculture ne sont pas moindres. Déjà la Safer-Aquitaine-Atlantique et RFF étudient les moyens de compensation. Des propriétés seront déstructurées par la ligne, ou privées de surfaces. Le fuseau occuperait selon RFF une bande de 50 à 80 m de large, mais pour les comités de défense ce serait beaucoup plus, avec des volumes de remblais gigantesques. Au Pays Basque, on enterrerait une partie de la voie.... Une aubaine sans doute pour les entreprises, mais sans doute pas pour l'environnement, ni pour les budgets des départements qui sont sollicités. Cela, estime-t-on, sans véritable prise en compte des aspirations et des besoins des territoires et de leurs populations.
En tout cas les anti-LGV ne semblent pas vouloir reculer:une journée d'action "défense du wagon isolé" (Cgt, CADE, Bizi) est annoncée pour le 6 février à Bayonne, une autre le 6 mars à Nérac (le Lot-et-Garonne est concerné par la branche prévue vers Toulouse). Du côté de RFF on laisse entendre que ce n'est pas une manifestation qui va stopper le programme et que la procédure va se poursuivre comme prévu.
Mais face à ce concept de la déferlante de transport ferroviaire Nord-Sud -aux dépens des liaisons transversales- il faudra toujours entre 6 et 8h pour aller de Bordeaux à Lyon et passer par Paris- les comités de défense auront beaucoup à faire s'ils ne veulent pas être le pot de terre. D'autant que derrière tout cela il y a deux démarches économiques qui s'opposent: d'un côté le retour à l'activité de proximité, et de l'autre la politique marchande du grand large, celle venue du Nord...