Etats-Généraux de l'Industrie: l'Aquitaine veut relancer la machine

Un long cataloque de propositions élaboré sous l'impulsion des services d'Etat



Une ardente obligation?

Restitution à BEM (ph Paysud)
Restitution à BEM (ph Paysud)
Le grand libéralisme économique a-t-il pris un coup dans l'aile, et retourne-t-on en quelque sorte au concept qui fut cher aux gaullistes de "l'ardente obligation du Plan"? Certes, plus personne ne prononce le "gros" mot, mais les dispositions prises ces derniers temps au niveau national ressemblent beaucoup à un programme d'objectifs. Le Grand emprunt, fruit des réflexions d'Alain Juppé et de Michel Rocard se propose bien d'impulser, et il répartit même le carburant financier susceptible d'apporter les accélérations aux secteurs retenus, parmi lesquels au niveau aquitain, on ne trouve d'ailleurs pas - aussi bien dans l'emprunt que dans les conclusions des Etats Généraux - l'industrie alimentaire qui est pourtant le premier employeur industriel aquitain. "Elle est intégrée dans le pôle compétitivité et croissance verte" nous a-t-on dit. Admettons. Une mise en exergue de la branche ne paraîtrait pas toutefois gâter le paysage régional.
Ce sont les conclusions des Etats Généraux de l'Industrie en Aquitaine qui conduisent à de telles réflexions. C'est, rappelons-le, le gouvernement, qui fin 2009, a lancé une vaste consultation "afin de définir une nouvelle politique industrielle française". Selon ces termes officiels, il y a bien là une volonté d'intervention et la révélation d'une perte de confiance dans le jeu "naturel" des éléments économiques qui, il n'y a pas si longtemps, étaient présentés comme devant régler tous les problèmes.

Le retour du politique

On est donc en présence d'un retour du politique et de la Nation, ce dont on ne peut que se féliciter, mais qui amuse ceux qui depuis longtemps crient au casse-cou au regard de l'ultra-libéralisme économique . En terme d'emplois industriels ou d'implantations d'entreprises, les années "libérées" sanctionnées par la crise financière, n'ont guère profité à l'Aquitaine et à la France. Avec 150 000, emplois dont prés de 30 000 dans les industries agricoles et alimentaires, l'emploi aquitain s'est moins replié que dans le reste de la France, mais de 1998 à 2007, le recul a toutefois été de 3,9% (contre 9% en France). La valeur ajoutée a cependant progressé ce qui permet au passage de noter que l'enrichissement d'une entreprise et de ses actionnaires ne retombe pas nécessairement sur l'emploi. Ce qui fait aussi apparaître les limites et les inconvénients des options recherche et innovation qui créent sans doute des activités et des emplois non délocalisables, mais qui sont l'apanage de personnels hyper-qualifiés, et peu nombreux. Mais on doit bien faire avec ce qui nous reste puisque les emplois de masse migrent vers l'Extrême-Orient.
En Aquitaine, on ne s'en est pas moins penché sur les moyens de faire face, voire de réagir. Une centaine de représentants ont participé aux ateliers préparatoires, et la restitution qui se déroulaient à Talence (Gironde) dans les locaux de la BEM (Ecole de Management de Bordeaux) ont rassemblé plus de 300 participants en présence de Dominique Schmitt, préfet de Région, et d'Alain Juppé, venu parler du grand emprunt, lequel réservera un milliard d'euros pour financer les mesures qui émergeront de ces Etats Généraux.

En attendant la "moulinette"

Le préfet D. Schmitt et J-M Berckmans (CRCI Aquitaine)
Le préfet D. Schmitt et J-M Berckmans (CRCI Aquitaine)
Les propositions d'action de l'Aquitaine sont en grande partie dirigées vers la filière aérospatiale et l'innovation et la recherche. Il s'agit entre autres mesures d'augmenter le soutien à l'innovation dans le domaine des avions du futur et de l'espace en s'appuyant sur des pôles de compétitivité. La création d'un Fonds d'intervention alimenté par l'Etat et les banques est suggérée. Une politique de filière est également envisagée avec des initiatives de coopération (GIE). L'amélioration de la parité euro/dollar "oubliée" dans les interventions officielles est aussi soulignée; "Un euro à 1,45 $ est pénalisant pour une industrie exportatrice et incite aux délocalisations". La filière bois émet elle-aussi de nombreuses propositions qui visent à encourager le stockage du carbone dans le produit bois ainsi que l'utilisation de ce dernier. Des dispositions favorisant le reboisement, ainsi que la création d'un système d'assurance sont avancés. L'atelier innovation et accès aux financements avance l'idée d'un élargissement du crédit impôt recherche (on parle aussi d'un crédit impôt innovation)ainsi que de la création d'une plate-forme de développement Aquitaine capable d'accompagner les entreprises régionales. Du côté de l'emploi et de la formation, il est proposé de renforcer la communication sur les métiers de l'industrie. L'atelier compétitivité-croissance verte, visiblement très influencé par le contexte, fait de nombreuses suggestions, notamment d'aider les entreprises à valoriser les éco-produits, et d'intégrer les problématiques environnementales dans les formations.. Bref, un long catalogue de propositions dont on se demandera ce qu'il restera une fois passé dans la moulinette nationale...
Mardi 19 Janvier 2010

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