Les technologies du son et de l'image sont telles de nos jours que l'on en viendrait à oublier qu'à la base il y a l'individu, des voix, des dons, des savoir faire, du travail, des talents de compositeurs ou d'interprètes. On ne peut donc que se féliciter d'une initiative telle que celle de Florence Delzant et du pianiste Ivan Ilic (prononcez Ilich), que de faire revivre à Bordeaux concert ou récitals dans les salons et dans des lieux exprimant la richesse patrimoniale de la ville ou de ses environs. Florence Delzant qui avoue une grande passion pour la musique classique, explique que Bordeaux, cité classée au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO, avec ses monuments, ses belles pierres, était tout indiquée pour être le cadre de la renaissance de ces instants musicaux , qui comme c'était le cas au 19e siècle, réunissaient interprètes et invités dans des cercles intimes. Il ne faut pas voir cependant dans cette initiative bordelaise comme une nostalgie du passé, mais la volonté de renouer avec la réalité de ce que doit être la relation de l'artiste avec son public. Ainsi qu'on le découvrira à travers notre reportage vidéo, Ivan Ilic qui s'est établi dernièrement dans un bel immeuble construit au siècle des grands musiciens dans l'un des quartiers les plus typiques du vieux Bordeaux, attache, contrairement à certains ce ses confrères, un grand prix au contact, et aux échanges avec son public. La formule qui a démarré voici quelques mois, a été fort prisée par les privilégiés qui ont pu obtenir une place dans des espaces par définition de capacité limitée.