Cependant les choses ne sont aussi simples. "Est-ce que ce qui existe est stable? Une réalité, c'est un moment, c'est un instant, et déjà ce n'est plus tout-à-fait ça. Regardez les paysages:ils changent. Une réalité n'est qu'un instant". Aux yeux de JF Kahn celui qui se dit réaliste ne sait pas, ou ne veut pas imaginer le mouvement, et ce que sera la réalité de demain. Et il se demande si "l'utopiste qui est celui qui vit la réalité de demain n'est pas le seul vrai réaliste". Analyse qui le conduit à dire que "la recherche scientifique est la plus extraordinaire utopie". Comme à mettre en exergue Victor Hugo qui, imaginant les Etats-Unis d'Europe, une monnaie unique, des tunnels sous le Mont-Blanc et sous la Manche, éveilla de son temps un torrent de critiques. Ainsi que le général de Gaulle qui, alors que la défaite était acquise, et que le renoncement était partout, considéra avec certitude qu'une bataille était perdue mais non pas la guerre. Des utopies (ou des visions) devenues réalités.
Jean-François Kahn qui a publié en 2009 "l'Alternative, oui c'est possible" (Fayard) semble considérer qu'il faut tirer la leçon de tout cela, mais aussi des évènements récents. Sans apporter beaucoup de précisions, il évoque "un système qui centraliserait l'humain ".Ce qui le conduit à citer des anecdotes vécue face à un parc de distributeurs automatiques, ou à une "cité de cubes d'où sortaient des individus", et à plaider pour une société qui connaitrait le retour de l'humain...