Avec le jeune auteur David Lescot le théâtre sort des thèmes rebattus de l'amour ou de la psychologie pour prendre en compte ceux qui se rapportent à la société et à l'organisation politique des peuples. On ne peut que s'en féliciter puisque de tels sujets sont aussi intéressants et d'actualité que d'autres. Avec l'Européenne que le public bordelais et aquitain aura dans quelques jours le plaisir de déguster sur la scène du Théâtre National de Bordeaux en Aquitaine, on se trouvera en plein dans cette actualité. C'est en effet cette commission européenne si souvent critiquée qui, dans la pièce de Lescot, se trouve brocardée. L'auteur se dit un Européen convaincu, mais semble-t-il pas de "cette Europe là". Dans cette comédie, il fait la démonstration des barrières entre nations, si ce n'est des ridicules, dont l'illustration est la difficulté de communication entre les représentants de 27 pays en dépit de pléthores d'interprètes. Pour souder tout cela, la musique, un hymne national européen serait sans doute un bon ciment, mais en quelle langue le chanter?
"Imaginez, lit-on dans la présentation du TNBA, que la Commission européenne, désireuse de donner en ce début du XXIe siècle, une image nouvelle de l’Europe, lance un appel aux artistes. Et les voilà qui se bousculent ! Mais comment raviver les symboles parfois usés de l'Europe avec un compositeur qui pense pouvoir faire mieux que Beethoven, un poète épique, un performer portugais révolté, une installatrice allemande qui dépouille indéfiniment les votes, une linguiste belge adepte de « l'intercompréhension passive », trois musiciens en quête d'orchestre, une sous-déléguée dépassée par les événements et la plus vieille Européenne escortée par une fantomatique jeune femme slovaque...?"