Le pari environnemental des vins de Bordeaux


Le CIVB engage une nouvelle étape de réduction de "l'empreinte" à l'horizon 2020. Bernard Farges souhaite l'instauration d'une LMR sur le vin


Ph Paysud
Ph Paysud
Mieux vaut prévenir que guérir. C'est ce précepte que le CIVB (Conseil Interprofessionnel des Vins de Bordeaux) met en oeuvre avec l'annonce d'une nouvelle étape dans le programme -déjà engagé- de "réduction de l'empreinte environnementale" de la filière viticole girondine. Le 8e Forum environnemental qui vient de se conclure à Bordeaux a fait ressortir des objectifs ambitieux à l'horizon 2020: réduction de 20% des émissions de gaz à effet de serre (GES), 20% d'économie d'énergie, 20% d'économie d'eau. Tous les partenaires, depuis les vignerons aux distilleries, en passant par la recherche et l'expérimentation sont mobilisés dans la démarche. La feuille de route établie pour 2016 définit plus de 20 actions prioritaires, comme par exemple le recours aux bouteilles de verre légères, le compostage des sarments et effluents, la collecte des eaux de pluie, etc.
Les objectifs de l'interprofession bordelaise ont été bien accueillis et encouragés par Catherine Geslain, directrice générale de la performance économique et environnementale des entreprises (DGPE) au ministère de l'Agriculture, qui a souhaité que la démarche s'étende au-delà des leaders, et estimé possible de concilier performance environnementale et performance économique. Ce 8e Forum a également fait preuve d'ouverture à tous les partenaires, ainsi qu'à la critique écologiste. En effet les pépiniéristes viticoles -dont le président est David Amblevert- étaient pour la première fois conviés à s'exprimer . D'autre part, le CIVB a donné la parole à une jeune femme qui a déclaré la guerre aux pesticides et à ceux qui les autorisent, Valérie Murat. Celle-ci devait prononcer des mots très forts sur le sujet, et montrer du doigt la" responsabilité" du CIVB. Bernard Farges lui répondait avec modération, affirmant comprendre sa démarche suite au décès de son père (reconnu imputable à un produit), soulignant notamment que les viticulteurs utilisent des produits homologués, et qu'ils ne le sont pas par eux. L'emploi des "phytos" prés des habitations ou des écoles est aussi en question. "Mais ils sont le résultat de mauvais comportements que nous condamnons" a souligné le président du CIVB qui a cité des exemples de concertation avec les maires.

Bernard Farges: "oui à une LMR"

La principale piste de réduction de "la dépendance de la chimie" selon Bernard Farges est celle des cépages résistants. L'arrivée de ces derniers est prévisible dans un avenir de 10-12 ans. Ils peuvent permettre de réduire les contraintes, mais aussi les prix de revient. Le président du CIVB aura par ailleurs surpris ceux qui mettent en cause l'emploi des pesticides, en indiquant que la profession non seulement accepterait, mais demande la définition d'une LMR (limite maximale de résidus) pour le vin, ce qui serait la meilleure façon de couper court aux rumeurs et informations infondées. Mais la demande ne peut être entendue cette norme n'étant pas prévue sur les produits transformés. La LMR existe seulement pour le raisin. Si elle était étendue au vin, les viticulteurs sont sereins: s'il n'y a pas de dépassement sur ces derniers, il n'y en aura pas, non plus, sur le vin, d'autant que la vinification tend à réduire la part des résidus éventuels.
Fixer des objectifs environnementaux est bien, mais encore faut-il savoir ce qui se passe dans le vignoble. Or, celui-ci est exposé aux maladies et au dépérissement. La directrice technique du CIVB, Muriel Barthe, a dit "rêver" de la réalisation de deux projets. En premier lieu la création d'un observatoire du vignoble bordelais à l'image de celui qui a été mis en place par le secteur forestier suite aux tempêtes (présenté au cours du Forum). Il s'agirait de Vigivigne avec une organisation permettant le suivi et disposant d'une plate-forme Internet. Le second axe concernerait la gestion globale de l'approvisionnement en matériel végétal, s'appuyant sur le projet Newvine (les cépages du futur), et la création de nouvelles vignes mères au sein de la partie landaise de la Gironde. Les pépiniéristes ont, aussi, le projet de délocaliser des parcelles de vignes mères...
G.G.
Mercredi 20 Janvier 2016

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