Les Etats laisseront-ils longtemps les agences de notation gouverner indirectement le monde? On peut s'interroger après la mauvaise note que vient de décerner aux Etats-Unis Standard & Poors, qui plus est, après l'accord intervenu entre Démocrates et Républicains américains. On s'interroge, on craint même, les effets de cette sanction pour l'Europe, et l'économie mondiale. La direction de l'agence semble cependant apeurée par les effets du feu qu'elle a elle-même allumé, et tente de dédramatiser. Tout ceci conduit à quelques remarques fondamentales: les Etats-Unis qui ont longtemps prôné la politique du meilleur gagne en matière économique, se retrouvent, comme d'autres, dans le camp des perdants. La Chine s'inquiète tout de même car l'Oncle Sam lui doit, selon un article de France Info, un trillion de dollars. On peut supposer que Pékin s'est entourée de garanties, et qu'elle prendra un malin plaisir à faire jouer ses hypothèques, ou à s'approprier des biens comme c'est le cas en Grèce et en Afrique. On a cru aux vertus du libéralisme en oubliant qu'en face, il existe une machine étatique dont on peut mesurer aujourd'hui l'efficacité, laquelle s'appuie sur des populations différentes des nôtres. Autre phénomène: la financiarisation. Le poids de celle-ci conduit les Etats à se diriger comme une entreprise. Ces Etats mal notés devront-ils aussi, demain, "licencier" leurs citoyens en surnombre, ou sous-performants? On avait jusqu'ici un autre idée des démocraties.