Présidentielle:la France peut-elle reprendre des couleurs?


Gauche et droite traditionnelles sont au coude à coude, alors que le Front National se pose en arbitre de la situation. Au-delà des questions de partis, des questions de fond...


(Ph copie d'écran  site Assemblée Nationale)
(Ph copie d'écran site Assemblée Nationale)
Ce premier tour de scrutin de l'élection présidentielle n'aura pas laissé beaucoup d'espace entre - hors le Front National- la gauche et la droite traditionnelles. Il est vrai que depuis des semaines, tout était fait pour faire se désertifier la zone, un certain monde médiatique se faisant un malin plaisir de participer au jeu. Tout comme il l'avait fait au moment des primaires socialistes, qui ,sans que les sarkozystes et autres partis réagissent véritablement, avaient déjà été la répétition générale de la pièce que nous venons de vivre. Le président-candidat et ses amis payent peut-être aujourd'hui leur indifférence de la période qui avait déjà sacré François Hollande, et peut-être s'en mordent-ils les doigts en secret.
Il n'en reste pas moins que le porte-drapeau du PS ne s'attire pas pour l'instant de raz-de-marée, et que la gagnante du scrutin est plutôt Marine Le Pen. Nicolas Dupont-Aignan, nouveau venu aux yeux du grand public, semble quant à lui avoir semé pour l'avenir un peu sur les mêmes terres. Il se pourrait bien que cet avenir, pas aussi rose qu'on veut le laisser croire, ne fasse que se rapprocher, au lieu de s'éloigner au rythme des votes français à gauche et à droite. Ce qui est très étonnant c'est que beaucoup pensent que le centre décision est encore à Paris, alors que les grandes directives viennent de Bruxelles, la CE étant elle-même prise dans l'engrenage de la mondialisation. Ce qui pourrait par exemple conduire à la disparition du SMIC tel que nous le connaissons. On aurait aimé entendre échanger sur ces sujets entre tous les candidats, directement, et sans écran, hors celui de la télévision. Y viendra-t-on maintenant?
Il sera, certes, possible, de faire socialement illusion par des annonces ponctionnant les riches, mais la vraie question est bien de savoir si le politique est en mesure de reprendre du pouvoir au stade d'un Etat membre, et ce, sans se faire sanctionner, soit par les autorités communautaires, soit, à terme, par l'économie mondiale. En tout cas, si l'on veut tenter l'aventure, le kit mains libres est nécessaire...
Gilbert GARROUTY

Lundi 23 Avril 2012

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