Pas de politique politicienne sur Paysud, mais il est tout de même des situations qui poussent à sortir du silence. Ainsi en est-il pour ces interminables primaires du PS qui ont occupé les écrans pendant des semaines et des semaines, précédées du triste feuilleton DSK, qui, lui aussi, mettait à la Une la formation politique, qui malgré sa représentativité, n'en est qu'une parmi d'autres. Disons sans plus tarder que notre constat serait le même à propos de tel ou tel parti s'il avait monopolisé l'audiovisuel de la même façon. Christine Boutin a été la première à mettre les pieds dans le plat, en intervenant auprès du CSA. Ce dernier ouvre un peu tard les yeux, et s'apprête à sanctionner les directeurs de chaîne ayant succombé aux charmes de la rose. Dans la France profonde on trouve la ficelle un peu grosse et le journal Sud Ouest de ce samedi, ouvre, serait-on tenté de dire "enfin", le dossier à propos de l'impressionnant cumul d'heures d'antenne des socialistes.
Y aura-t-il des sanctions, et si oui lesquelles? Les chaîne des télévision, commencent dit-on, à paniquer, mais ne se précipitent pas pour aborder le sujet et informer les téléspectateurs. La haute autorité de l'audiovisuel eut dû certes, endiguer le flot bien plus tôt. Pour rétablir l'équilibre, il faudrait maintenant des heures d'UMP, mais aussi de Front National, de Debout la République, etc. Nous sommes, sauf erreur, encore en démocratie et chaque formation a le droit de s'exprimer au moins en fonction de sa représentativité aussi longtemps qu'elle n'est pas interdite par la République. Il devrait s'agir d'une règle d'or pour les télévisions soumises à un cahier des charges, en particulier pour celles qualifiées de publiques. Mais les directions de rédaction, les yeux fixés sur l'audimat, se sont laissées gagner par la politique-spectacle. Et il faut dire qu'en la matière la mise en scène, avec cinq acteurs de premier plan, était remarquable. Il serait surprenant que l'UMP ou d'autres, arrivent à faire aussi bien . Même si on leur accorde des sessions de rattrapage, sans un spectacle compétitif, elles risquent de n'éveiller que la lassitude du téléspectateur. Ayant été incapables de réagir à temps, elles sont vouées à subir un lourd handicap dans la course à la présidentielle.
Le CSA sera sans doute vertement critiqué. Mais on peut s'étonner aussi que les journalistes aient laissé s'installer sans beaucoup sans inquiéter un tel avantage à une formation politique. Une information équilibrée imposait une compensation immédiate à travers des séquences donnant la parole aux formations concurrentes .
Mais ce n'est pas tout. Il y a aussi à voir sur le terrain à propos des salles, ou des panneaux électroniques payés par tous les contribuables, et diffusant des appels socialistes à la participation aux primaires...
Démocratie? Les primaires ne sont pas encore inscrites dans la Constitution, et n'en déplaise à ceux qui en font un modèle de démocratie, il n'est pas certain que ce soit vraiment le cas. S'aperçoit-on que deux millions et demi d'électeurs vont imposer leur candidat à 35 millions? Pas sûr que tous les Français votant pour le candidat socialiste feraient le même choix. La vraie démocratie n'est-elle pas le libre choix à l'abri des regards? Si les choses se déroulait comme le veut la Ve République, peut-être Ségolène Royal n'eut-elle pas connu les larmes! La procédure rompt avec le principe du secret de l'isoloir. Tous les Français n'ont pas envie de se retrouver fichés par telle ou telle formation politique. Ou alors la soviétisation est en marche!
Gilbert Garrouty