Le dossier du lait est révélateur du passage a vide que vit l'agroalimentaire français, avec une chute sans précédent des exportations, et un effondrement lui-aussi rarement vu, du revenu agricole. Le secteur, d'ailleurs comme le reste de l'économie, a du mal à s'intégrer dans le contexte libéral et concurrentiel européen et mondial. En matière laitière, la France paye des années de refuge dans une économie régulée, soucieuse de maintien des prix, alors que les industriels et leurs actionnaires jouaient concentration, compétitivité et recherche des résultats. Pendant ce temps d'autres pays producteurs européens, dont l'Allemagne -avec semble-t-il, des encouragements publics- privilégiaient les volumes produits par rapport aux prix. Il n'en faut pas plus pour encourager les importations et faire pression sur ces prix... Mais la France continue à vouloir réguler: un accord interprofessionnel voici quelques mois -cet accord que les industriels rechignent à respecter- contraintes de la contractualisation à partir de l'année prochaine. Avec le perspective de suppression des quotas en 2013, on est plus que jamais dans la ligne de la libéralisation. La production risque de devoir suivre l'exemple concentrationnaire des industriels de façon à améliorer sa compétitivité. D'ailleurs dans une interview à Ouest-France Bruno Le Maire , tout en demandant l'application de l'accord, évoque un prochain plan français de modernisation de la filière. On semble donc vouloir jouer sur les deux tableaux. En tout cas un virage du secteur laitier vers le libéralisme intégral ne se situe pas dans la tradition ftançaise. A moins que l'on se moque maintenant du social et de la vie des territoires...