Agriculture:un état d'urgence

Par Gibert Garrouty



Agriculture:un état d'urgence
A son tour, et longtemps après la Coordination Rurale et la Confédération Paysanne, la FNSEA sort du bois -rassemblement ce vendredi à Mont-de-Marsan- pour exprimer le cri d'alarme des agriculteurs aux prises avec un effondrement quasi-général des marchés. On se souvient que les deux syndicats minoritaires et leurs "filiales" avaient organisé une grève du lait qui fut largement médiatisée, mais condamnée par la formation majoritaire (la chambre d'agriculture de Lot-et-Garonne à majorité Coordination, pas rancunière, n'en soutient pas moins l'action). Les résultats de cette mobilisation diversement suivie ne sont pas évidents, encore que le ministre de l'Alimentation et de l'Agriculture -observez que l'on fait passer désormais en premier "l'Alimentation"- ait paru s'engager avec d'autres pays dont l'Allemagne dans une démarche de maintien des mécanismes de régulation des marchés. Cependant la temporisation de la FNSEA a laissé le temps au ministre de préparer sa réponse, et d'aucuns y verront une belle illustration de la cogestion franco-française de la politique agricole. Bruno Le Maire, ne vient-il pas de souligner la baisse de 20% du revenu agricole, et de se déclarer favorable à un plan global de soutien? Certes, sans en préciser les moyens.
La FNSEA par la voix de son secrétaire général Dominique Barrau -le président, Jean-Michel Lemétayer, critiqué sur le dossier du lait semble sur la réserve- réclame "un année blanche pour une année noire". A cet effet le syndicat s'adresse à Nicolas Sarkozy en lui rappelant que l'agriculture "qui est en train de couler" à un prix, et qu'elle mérite autant d'être aidée que les banques. Seront-ils entendus? En tout cas le discours de la FNSEA ne semble pas se diriger autant que le souhaiterait au moins une partie des agriculteurs vers les racines du mal. Les vraies questions ne se trouvent-elles pas du côté de l'Europe ultra-libérale, d'une commissaire à l'agriculture peu réceptive, d'une PAC (politique agricole commune) qui devient une politique alimentaire à courte vue?. Si une inflexion n'intervient pas rapidement les consommateurs pourraient bien payer la note lorsque les prix flamberont, et comme le disait quelqu'un, rencontrer de plus en plus de mal, au moment des vacances, pour s'asseoir dans l'herbe d'un campagne gagnée, en certaines régions, par la friche et la ronce.
¤Après cette journée d'action du 16 octobre la FNSEA affiche sa satisfaction estimant avoir mobilisé plus de 50 000 agriculteurs. Avec 23 points régionaux de rassemblement, dont Mont-de-Marsan et Toulouse pour le Sud-Ouest, cela correspond à une moyenne de un peu plus de 2 000 personnes par manifestation. L'utilisation de nombreux tracteurs et autres engins, les opérations escargots, ont renforcé l'impression de mobilisation et de puissance. Le président de la FNSEA est apparu sur les écrans, et Nicolas Sarkozy dans une intrerview au Figaro annonce des initiatives "fortes". Le scénario semble bien engagé. Le 1, 4 milliard d'euro réclamé sera-t-il accordé? Un tel plan peut sans doute parer au plus pressé, mais l'incendie persistera si le cap n'est pas modifié là où il doit l'être. Comme l'ont montré quelques manifestants devant le Fouquets, il y a bien le feu à la ferme France.
Jeudi 15 Octobre 2009

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