Que les manoeuvres , ou la spéculation soient monnaie courante pour les sociétés capitalistiques et leurs dirigeants, il n'y a rien là que de plus banal. Mais que de telles opérations aient pour origine la coopération ( ou, dit-on, un homme égale une voix), cela est plus surprenant. Ce qui se passe sur la célèbre marque Yoplait, émanation de la coopération laitière française, a bien en effet pour origine le fait que Sodiaal ait un jour vendu 50% de la marque au fonds d'investissement PAI Partners. Ces 50%, si l'on comprend bien les nouvelles qui viennent de tomber, sont en passe d'être rachetés par le distributeur de la marque aux Etats-Unis, Général Mills. Une opération complémentaire permettrait à ce dernier d'acquérir le 1% qui lui donnerait l'occasion d'être le maître. Il y a peu de temps le gouvernement avait réussi à éviter le rachat de l'autre fleuron Danone. Mais en ce cas il semble devoir laisser filer. Jusqu'à présent le Fonds Stratégique d'Investissement s'est contenté d'examiner le dossier. Il semble toutefois que General Mills se soit engagé à conserver en France la Recherche et le Développement, le siège social et les usines hexagonales. Un droit de regard est également accordé à la maison mère Sodiaal. Mais on sait que les engagements de ce genre ont du mal à résister aux faits économiques. Et reste à voir si globalement cette opération ne va pas mettre tout simplement le groupe Sodiaal aux couleurs américaines avec de lourdes conséquences pour les producteurs français et ,peut-être, pour les consommateurs.