Embellir et enlaidir, pour une maquilleuse de chanteurs d'opéra, ce n'est pas que cela. Annie Lay de l'Opéra de Bordeaux en a grande conscience. Aussi, grâce à son immense palette de talents, elle prouve au quotidien qu'une artiste qui travaille dans l'ombre peut devenir tout à coup la lumière de tout un plateau. Dans ses nombreuses trousses à maquillage, on y trouve également : passion, transmission, simplicité, combat et rêves. Cette passion pour l'irréel, elle l'a eue déjà toute gamine, lorsque dans son village natal de Dordogne, enfant unique, elle rêve ! Une amie de la famille tient une boutique de presse et tous les jours son regard balaie les couvertures des magazines en regardant admirativement les coiffures, les maquillages, les images. Pas pour elle mais sur les autres. L'illusion commence à l'envahir. Puis, plus grande, elle ose franchir le pas. Ses premières armes, de rêve et d'illusion, elle les pratique sur les plateaux de télévision où elle maquille et croise de très nombreuses stars et personnalités.
Chez Mireille Dumas- Elle resta chez Mireille Dumas pendant neuf ans. Les artistes dont Annie Lay idolâtrait quelques années auparavant, elle les côtoyait. Puis tout d'un coup, un jour, la magie commence à ne presque plus opérer et à s'éteindre. Un rêve d'enfant qui meurt ? Non. Elle se ressaisit et devient alors l'assistante de la chef maquilleuse Lory Zanella, elle-même assistante du fameux maquilleur, dit Pinpin, dont de nombreux artistes lyriques se souviennent. Annie Lay se passionne alors pour les spectacles vivants tout en continuant à oeuvrer pour le cinéma et la pub.
Annie Lay n'est pas une simple maquilleuse du "bien fait", elle est avide de la création artistique de visages. Elle veut créer SON personnage, SA vision. Aussi, quel bonheur lorsque le metteur en scène lui donne carte blanche ou bien lui apporte sa commande avec intelligence. "les meilleurs souvenirs de réalisations de mon travail de création d'opéra furent celles faites avec Yannis Kokkos sur son Pelléas et Mélisande et ses Rois. « Quelle précision et quel raffinement," se rappelle Annie Lay. "Trop souvent les metteurs en scène étouffent les métiers de l'ombre".
Elle débuta à l'Opéra de Bordeaux en 1996 avec les maquillages des Pêcheurs de Perles et du ballet la Fille mal gardée. Depuis ce jour-là, elle est devenue la titulaire du service maquillage de cette maison en tant que "permitente".