Claude Allègre au Sifel :"ne nous mettons pas des ficelles aux pattes!"


Incontestablement, la revue "Réussir Fruits et Légumes" avait bien choisi son conférencier pour son traditionnel débat "Felscope" dans le cadre d'un Sifel d'Agen qui aura vécu 30 ans dans sa première version avant d'éclater en 2010 entre le chef lieu du Lot-et-Garonne, et Bordeaux. L'ancien ministre de l'Education Nationale, de la Recherche et de la Technologie, Claude Allègre, fidèle à ses prises de position et à ce qu'il a écrit dans son dernier livre, a développé une analyse qui va dans le sens de ceux qui croient à la science et au progrès technique. Il imagine de nouveaux métiers créant de nouveaux emplois


S'adapter au changement climatique

Claude Allègre en compagnie d'Yves Bertrand (à gauche) président du SIFEL (Paysud)
Claude Allègre en compagnie d'Yves Bertrand (à gauche) président du SIFEL (Paysud)
Il faut dire que Claude Allègre est petit fils d'agriculteur, et qu'il lui en reste quelque chose. C'est sans doute ce qui, en dépit de son métier de chercheur géologue, lui permet de garde les pieds sur terre. Il avoue d'ailleurs qu'il est passionné par la machine agricole, par le solutions techniques trouvées, et déplore "qu'on en parle jamais à la télé". D'une façon générale, il déplore que neuf fois sur dix les medias ne parlent que ce ce qui ne va pas. Il assène cependant au monde agricole qu'il serait grand temps qu'il investisse véritablement dans la communication. Choix qui effectivement qui serait plus adéquat que la suggestion "de supprimer tous les medias" lancée par un responsable lot-et-garonnais et non des moindres. L'ancien ministre socialiste qui était chargé d'une mission d'étude sur l'innovation par la présidence française de l'UE, a semblé afficher de la distance et de la réserve en matière politique refusant par exemple de commenter l'action des enseignants-chercheurs. L'argumentation de Claude Allègre mérite qu'on s'y arrête en ces temps de crise financière et de tempêtes. Premier point: il critique la théorie du changement climatique, estimant qu'il y a tant d'éléments qui entrent en jeu, qu'il est bien difficile de prévoir le temps qu'il fera dans 100 ans. Et de brocarder les modèles informatiques "qui sont aussi ceux qui n'ont pas prévu la crise financière". Il ne nie pas toutefois ce changement climatique, "quoi qu'on fasse, il aura lieu", mais à ses yeux, il n'y pas d'autre voie que de le prévoir et de s'y adapter.

Le monde musulman champion de la croissance démographique

"Faire croire qu'il suffit de réduire les émissions de Co2 pour régler tous les problèmes, est une imposture" a-t-il ajouté. Claude Allègre suggère de ne plus construire sur les fronts de mer, d'enterrer les lignes haute tension, de draguer les fleuves "ce qu'on ne fait plus", de concevoir une nouvelle forme de construction économe en énergie Pour l'avenir, un de problèmes essentiels sera l'eau. Considérant que l'agriculture est une chance pour la France -car seule, avec quelques autres pays, elle peut disposer de cet élément vital- il propose que les compagnies françaises, qui disposent du savoir faire nécessaire puisqu'elle l'appliquent au Moyen-Orient, soient mises à contribution dans des projets de pompage des eaux hivernales des fleuves. Celles-ci seraient stockées dans l'aquifère profond pour être repompées l'été. Claude Allègre a même à l'esprit deux ou trois sites pour la Garonne. Selon lui de nouveaux chantiers, de nouveaux métiers sont à inventer et il y a des quantités d'emploi à créer. En matière d'énergie, il croit au nucléaire de quatrième génération -dont les déchets peuvent être détruits- à la voiture électrique ou hybride, l'hydrogène ne pouvant pas être attendu avant la fin du siècle. A ses yeux la France dispose d'un atout en matière de démographie, alors que la Chine et l'Inde sont vouées au vieillissement de leur population. Cependant, a affirmé Claude Allègre, c'est dans les pays musulmans que la croissance démographique sera la plus forte avec une population de plus de 2,5 milliards d'individus dans quelques années. Aussi, estime l'ancien ministre, c'est l'éducation qui doit être développée dans ces pays, en particulier des femmes. Par ailleurs Claude Allègre semble souscrire moyennement à l'arsenal de mesures environnementales décidés à Paris et à Bruxelles. "Faisons attention de ne pas pénaliser l'économie, sinon plus tard nos enfants nous le reprocherons. Réduire le Co2 chez nous ça sert à quoi? Les Chinois se foutent de ça! Faisons attention de ne pas nous attacher les pattes avec des ficelles de manière à tomber".
Mardi 10 Février 2009

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