Les dirigeants du Festival des Jeux du Théâtre de Sarlat donnent cette année carte blanche à leur directeur artistique Jean-Paul Tribout avec la mission de réaliser une programmation susceptible de captiver un large public. Ainsi le rideau s'est levé dans la capitale du Périgord Noir sur cette pièce qui connut ses heures de gloire à la sortie de la crise de 1929, Donogoo Tonka, de Jules Romains que nous avons évoquée à plusieurs reprises sur Paysud. La crise est revenue, la pièce aussi, et on doit se féliciter de la bonne idée qu'a eu Jean-Paul Tribout de la faire connaître des jeunes générations. On regrettera d'ailleurs qu'elle ne soit proposée qu'une seule fois à Sarlat. Mais les Parisiens aurant sans doute plus de chance, puisqu'elle doit être reprise dans la capitale.
Même si depuis, l'homme est allé sur la Lune, il n'y a rien de nouveau sous le soleil. Toujours autant de gogos et de fins renards. Jean-Paul Tribout a bien greffé quelques allusions à la situation actuelle, et ce, parfois sans masquer le nom de quelques établissements financiers qui se sont tristement illustrés ces derniers temps, mais il n'y avait pas grand chose à toucher à la pièce pour qu'elle paraisse comme toute neuve. Il faut dire que Jean-Paul Tribout a réussi au Jardin des Enfeus une remarquable mise en scène, avec une excellente ponctuation musicale entre les scènes. Il est vrai que Donogoo avait aussi été conçu pour le cinéma, mais à Sarlat cela en était presque. Sans parler de l'action, car elle en est aussi! Le système de fenêtres, balcons, volets coulisants couloirs, les écrans lumineux où transparaissent paysages ou action ,révêlent une réalisation comme on en voit plus.