On doit aussi constater que le LKP a manoeuvré de main de maître, au point de rouler dans la farine l'Etat et ses représentants. La présidente du MEDEF national, Laurence Parisot, ne s'y trompe pas en estimant qu'en cette affaire l'Etat a été "complaisant" et "n'a pas tenu son rôle". On pourrait ajouter que Paris n'a même pas su "faire mousser" la concession sans précédent accordée à certains salariés guadeloupéens. Car enfin que l'Etat et la Région accordent à des salariés autres que des fonctionnaires, l'un un complément de salaire de 100 euros et l'autre de 50, même si cela est provisoire, est un geste que l'on n'a pas souvent vu. Sur le fond, dans la mesure où on considère que le territoire fait bien partie de la France, on peut se demander pourquoi cette prime est accordée à La Guadeloupe et non pas à la Lozère!
L'autre point c'est que le LKP-qui a réussi à trouver l'appui du préfet dans la tentative d'extension de l'accord conclu,d'abord, avec une petite partie du patronat- et qu'il s'apprête à faire le tour des entreprises pour faire appliquer ce compromis. Il est à craindre que nombre d'entre elles-sachant qu'elles devront par la suite assumer seules les 200 euros- traînent les pieds. D'où des risques d'incidents. Car selon les informations qui nous remontent, le LKP n'hésite pas à faire pression à sa façon. Y compris sur l'information, la meilleure illustration en étant une action à Radio Guadeloupe qui a conduit la direction de cette station à couper l'antenne pendant quelques jours. Pour l'instant, on ne comprend pas non plus très bien ce que sera l'attitude du Medef local qui dans un, premier temps rejetait cet accord. Le ministre du Budget Eric Woerth, a estimé quant à lui que les 200 à 300 miliions d'euros ne"serviront à rien s'ils ne servent qu'à pacifier le territoire". La Guadeloupe a en effet à rénover son économie et son organisation sociale. Pour cela, elle a autant besoin d'entrepreneurs que de politiciens. Or,il semble que nombre des premiers préfèrent s'en aller sous d'autres cieux.
Les jours prochains en diront long sur les perspectives d'avenir de l'économie de la Guadeloupe, ainsi que sur les intentions réelles du LKP et de son leader Elie Domota. Mais ces lendemains, en pleine crise mondiale, risquent d'être rudes. Dépôts de bilans et licenciements en série sont attendus. Les prix avaient ,eux, ont fortement monté en Guadeloupe, le prix du lait pour bébé ayant par exemple, presque doublé. Ces 200 euros sur certains salaires, les autres aménagements, et un mois et demi de grève, ne risquent-ils pas de de coûter cher?