Gvin de Bordeaux: Quand la liberté belge fait rêver


Constat: la passion du vin s'exprime sans entrave aussi bien en Wallonie qu'en pays flamand. Les Belges investissent également dans le vignoble bordelais


L'ouverture du "Gvin " de Bordeaux (ph Paysud)
L'ouverture du "Gvin " de Bordeaux (ph Paysud)
Le "Gvin" qui s'inspire des rencontres des grands de ce monde, est une initiative de Barthélémy, journaliste spécialisé dans le vin, ex-président de l' Association de la Presse du Vin, qui est soutenue par ses confrères de la presse du vin, et autres, ainsi que par le Club de la presse de Bordeaux. Elle vise à décrypter au profit des métiers de l'information, mais aussi des professionnels de la filière viti-vinicole, les dossiers d'actualité se rapportant au vin de Bordeaux. L'édition 2012 du Gvin qui a connu un gros succès se demandant si après avoir parlé l'anglais, Bordeaux devait se mettre au chinois...
Le Gvin 2013 -qui avait lieu à la BEM de Talence-laissait de côté cette question des langues, ce qui d'ailleurs était une sage précaution vu le contexte belge. Car c'est bien de ce pays ami dont il s'agissait. Le Gvin n'abordait pas d'ailleurs de façon critique le sujet, mais s'exclamant "honneur aux Belges!".. Les différents thèmes abordés au fil de la matinée, table ronde et vidéos à l'appui -dont une interview du célèbre oenologue Michel Rolland- ont montré que pour la "viniculture" bordelaise et française, le mot honneur n'est pas trop fort. Le premier constat est que le consommateur, les cavistes, les restaurateurs belges aiment le vin de Bordeaux. Cela aussi bien en Wallonie qu'en Pays flamand. Christophe Château (CIVB) confirmait chiffres à l'appui que la Belgique est le troisième client en volume (253 000hl exportés) et le sixième en valeur (144 millions d'euros) pour les vins de Bordeaux. Le Belge aime le vin, sait l'apprécier, et recherche le meilleur rapport qualité/prix. S'ajoute à cela, comme le soulignait le journaliste belge co-animateur Bernard Sirot (Vino Magazine), ce qui est transporté dans les coffres de voiture et qui est difficilement quantifiable. Les citoyens de ce pays sont en effet de bon clients de l'oenotourisme girondin.

Espace sans contrainte

L'autre aspect du contexte qui fait rêver les acteurs la filière viti-vinicole bordelaise, et qui leur rend encore plus rude le poids du carcan hexagonal imputable à la loi Evin, est l'espace de liberté dont jouit le breuvage en Belgique. On y considère comme autrefois en France qu'il ne saurait y avoir de bon repas sans vin, les restaurateurs mettent le produit de la vigne sur les tables, et celui-ci gagne du terrain par rapport à la bière .D'aucuns pensent que cette situation incitant à la consommation modérée, est bien préférable au dénigrement, voire à la prohibition à l'égard des jeunes ceux-ci étant moins portés à se tourner vers les alcools forts et le terrible binge drinking.. Il arrive d'ailleurs que des parents belges en visite dans les châteaux girondins laissent leurs enfants tremper les lèvres dans le sang de la vigne. Il semble aussi que malgré une TVA plus élevée qu'en France la restauration belge joue moins de la multiplication des prix que sa semblable française.
L'autre différence capitale avec la France c'est qu'il n'existe pas en Belgique d'équivalent à la loi Evin, ce qui laisse les coudées franches aux journalistes de l'audio-visuel et à tous les médias dans le traitement de l'économie et de la gastronomie du vin.
Il faut noter aussi que les Belges ont commencé à acheter bien avant les Chinois dans le vignobles bordelais, poussés par la passion du vin, l'investissement à long terme, le souci de la préservation du patrimoine. Ils sont une cinquantaine à avoir franchi ce pas, mais ils le font en pleine concertation avec la viticulture locale, laquelle leur ouvre grandes les portes des responsabilités syndicales ou économiques. Plusieurs investisseurs belges participaient au Gvin: Chris Cardon (Château La Haye, Saint-Estèphe); Stéphane Defraine (Château de Fontenille, Entre-deux-Mers), Stefaan Massart ( Château Vilatte, Bordeaux et Bordeaux Supérieur); Jacques de Schepper ( Châteaux Breton Haut Larigaudière (Margaux), La Croizille, Tour Baladour (Saint-Emilion Grand Cru),etc.; André Vossen (Château Ad Francos (Francs, Côtes de Bordeaux).
G.G.
Mardi 28 Mai 2013

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