Voila qui ne va pas renforcer la France dans sa quête du triple A. Le commerce extérieur du pays, en dépit du dynamisme de certaines branches, en particulier l'agroalimentaire, va mal avec un déficit record annoncé pour l'année 2011, de 69,6 milliards d'euros contre 51,5 milliards en 2010. En d'autres temps, le franc eut pu en faire les frais, mais aujourd'hui l'euro amortit, ou reporte le choc à plus tard, mais ne l'annule pas. Le ministère des Finances qui réalise des prouesses de style évoque des "exportations dynamiques bien qu'en ralentissement". Le ministre Pierre Lellouche, secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, se dit quant à lui heureux que la dégradation entraîne une prise de conscience de l'opinion et des candidats à la présidentielle, et il annonce un déficit zéro pour dans cinq ans!...Il faut savoir « positiver »en politique!
Néanmoins les rédacteurs du Ministère soulignent à juste titre la performance de l'agroalimentaire français qui redresse brillamment la tête malgré le handicap de l'euro cher. Les exportations -en hausse de 8,6%- sont tirées par l'alimentaire en particulier les céréales et les boissons, grâce aux exportations vers la Chine et l'Asie. Les ventes de produits des IAA (Industries Agricoles et Alimentaires) sont très dynamiques (+12,6%) souligne le texte officiel. " L'excédent des IAA s'élève ainsi à +6,8 milliards, après +5,6 milliards en 2010. Les ventes des produits agricoles sont également en hausse, poussées par les ventes de céréales aux pays européens et au Maghreb, dans un contexte de hausse des prix des matières premières". Voila qui relativise toutes les théories de retour à une production agricole et alimentaire essentiellement axée sur le local et la proximité. Le texte du bilan souligne ainsi: "En 2011, l'excédent agroalimentaire atteint un niveau record, à +11,4 milliards, après +7,9 milliards (en 2010) soit le deuxième surplus après celui de l'aéronautique." Ce dernier secteur, en dépit de performances d'Airbus, ne fait que maintenir ses résultats.