Philippe Madrelle, président du Conseil général de la Gironde, qui comme chaque année, invitait les maires à découvrir la présence girondine dans le Salon de l'Agriculture d'Aquitaine, ne leur offrait pas cette fois une simple journée à la campagne: il plaçait ce rendez-vous sous le signe de la préoccupation des élus quant à l'avenir de la démocratie locale. On aurait pu penser que les opposants à cette réforme territoriale chère au pouvoir en place sombraient dans la résignation. Pour Philippe Madrelle et sa majorité socialiste, il n'en est rien. Le débat instructif animé par notre confrère de Sud-Ouest Jean-Bernard Gilles, a permis de mieux cerner les conséquences de cette réforme qui, d'ailleurs se précisent. Même si ce retour sur un sujet déjà oublié par le public, peut être perçu comme apportant de l'eau au moulin du PS, il faut bien admettre que Philippe Madrelle est fondé de souligner que l'affaire va au-delà des clivages politiques. L'adoption du texte avec une seule voix de majorité au Sénat le confirme. Les intervenants mobilisés pour l'occasion- André Laignel, secrétaire général de l'Association des Maires de France, Alain Anziani, sénateur de la Gironde, Joseph Carles (IEP Toulouse)- n'ont guère trouvé de qualité à cette réforme inspirée par Edouard Balladur, lequel selon le président du conseil général, "n'a jamais passé le périphérique parisien". Les uns et les autres ne nient pas qu'il "fallait bouger"," mais pour Philippe Madrelle "réformer n'est pas tout casser".