C'est plus qu'un fossé qui sépare le monde agricole de la technocratie en charge de l'application des directives concernant l'usage de l'eau, c'est un océan. On a pu le constater à Agen à l'occasion de ce premier SIAD (Salon International du Bio et de l'Agriculture Durable), et plus précisément au cours de la conférence organisée sur le sujet. Au cours de ces échanges -qui ont parfois fait quelques remous, et qui plongent dans le désarroi des responsables professionnels agricoles- le directeur de l'Office International de l'Eau, Jean-François Donzier, ainsi que Marc Abadie, en charge, lui, de l'Agence de l'Eau Adour-Garonne, se sont montrés aussi fermes que le roc au fond de la rivière quant à la mise en oeuvre du processus de la loi sur l'eau qui, entre diverses contraintes, tend à museler l'irrigation. Autre élément qui s'est dégagé de cette mise en présence de mondes qui ne parlent pas le même langage: les experts divergent à propos de l'évolution du climat et des précipitations Ainsi Jean-François Berthoumieu, directeur scientifique de l'ACMG ( Association Climatologique de la Moyenne Garonne) qui se base essentiellement sur le vécu, préfère évoquer des "hypothèses" de hausse des températures, plutôt que des certitudes. Quant aux chutes de pluie, les statistiques ne révèlent pas à ses yeux, malgré une hausse des températures de deux degrés constatée par l'ACMG, de régression. Au contraire pour Bernard Itier, chercheur à l'INRA qui s'appuie sur la modélisation, le grand sud-ouest va connaître de ,grandes sécheresses et de fortes pénuries d'eau.