Le gouvernement tente d'éteindre le feu en Guadeloupe


Alors que des mouvements sociaux se sont produits à La Réunion, et que la crise de la Guadeloupe risque de faire tâche d'huile à La Martinique et en Guyane, le secrétaire d'Etat chargé de l'Outre-Mer, Yves Jego, après s'être rendu vendredi à Saint-Denis-de- la Réunion, où il annoncé un certain nombre de mesures, notamment pour favoriser l'activité touristique, est arrivé ce dimanche en Guadeloupe, où il devait faire une déclaration dans la soirée à la préfecture de Basse-Terre. Le gouvernement s'inquiète enfin, après deux semaines de grève générale, de la situation dans l'Ile où les négociations sous l'égide du préfet ont échoué à la fin de la semaine dernière.


Un programme commun de progrès

Guadeloupe un paradis en colère: fumée de manifestation à l'horizon (ph AB)
Guadeloupe un paradis en colère: fumée de manifestation à l'horizon (ph AB)
Le secrétaire d'Etat avant de s'envoler pour la Guadeloupe a fait une déclaration aux Guadeloupéens enregistrée en vidéo sur le site de son ministère. Il y explique que face à quelque 146 revendications le gouvernement propose une méthode et un calendrier. Il suggère que les négociations se déroulent tout au long du mois de février, de façon à aboutir à la fin de ce mois "à un programme commun de progrès économique et social" qui apportera des réponses concrètes. Yves Jego s'engage à les faire approuver par Paris en comité Interministériel qui pourrait se tenir début mars. Le ministre note que l'Etat dépense déjà 5830 euros par habitant et par an "et qu'il est prêt à aller plus loin". Il annonce qu'une prime de 200 euros sera accordée aux plus bas salaires, ce qui bénéficiera à 40 000 foyers. L'aide au logement sera augmentée de 3%, et les charges sociales seront supprimées pour les entreprises sur les salaires jusqu'à 1,4 SMIC. Cependant pour Yves Jego, la mise en oeuvre de ces mesures suppose une négociation, "et rien ne justifie les agressions". "Soit, ajoute-t-il, la main tendue de l'Etat est acceptée par tous les partenaires, soit on aura pas fait triompher la raison, et il risque d'y avoir des conséquences irrémédiables pour la Guadeloupe"

Yves Jego sur place

Yves  Jego le jour des voeux  à son ministère
Yves Jego le jour des voeux à son ministère
Dure tâche pour le secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer Yves Jego qui devrait demeurer sur place plusieurs jours. Surtout si les revendications ne sont qu'un prétexte à l'agitation indépendantiste. Il lui appartiendra de coordonner les propositions de l'Etat et celles de la Région Guadeloupe, et surtout d'obtenir une détente permettant le déblocage de l'Ile avec réouverture des magasins et des stations services, dont quelques unes ont été réquisitionnées par le préfet, mais fonctionnent difficilement en raison des pressions dont elles font l'objet. Au cours de sa déclaration et de sa rencontre de la presse à Basse-Terre, Yves Jego a confirmé son "installation" sur place, et son désir de rester en Guadeloupe le temps qu'il faudra. Dans un premier temps ses contacts se feront cependant en dehors des medias, alors que le collectif voulait jusqu'ici leur présence. Yves Jego a aussi annoncé son intention d'agir en faveur de la transparence des prix, ainsi que de lutter contre les "profiteurs."

Un témoignage

Sur le terrain la situation demeure encore bloquée comme nous l’indique un correspondant. « Les chefs d'entreprise qui se sont réunis le matin et ont voté à l'unanimité une résolution dans laquelle ils affirment : « nous voulons l'essence pour lundi ; "nous ne voulons plus de menaces physique sur notre entreprise et sur notre personnel ; nous voulons des reports de taxes du 1er trimestre 2009 sur l'année 2010 ». Les gérants de stations services ne veulent pas réouvrir tant que le groupe Total n'annulera pas ses projets d'ouverture de nouvelles stations (automatiques car en Guadeloupe on ne se sert pas, on sert!). Ils suggèrent le recours à la force si nécessaire. L’Ile est à peu près calme, mais un loueur de voiture à vu son "cheptel" partir en flammes à cause de siphonneurs (qui devaient faire çela avec des cigarettes à la bouche.) Un ou plusieurs voleurs sont à l’hôpital avec des brûlures au visage. L’ambiance est celle de gendarmes qui circulent en prévention à moto, en voiture, ou avec des hélicoptères. Les magasins ouvrent 2 à 3 heures le matin. Les locaux achètent au"cul" des camions. Pas de débordement pour le moment malgré quelques bagarres dans les stations réquisitionnées pour les prioritaires . Les autres y vont aussi avec des bidons. Les gens ont souvent des provisions et ils recommencent à circuler à pied, mais il n’y a pas beaucoup d'endroit où aller puisque tous les bars et restaurants sont fermés, même sur la plage. La majorité des hôtels sont fermés et les touristes qui sont restés -les autres sont à la Martinique- tournent en rond sur leur plage.Du coup, les iguanes sont plus tranquilles et recommencent à se balader tranquillement. » Le leader du collectif LPK ,Elie Domoka, a accueilli favorablement le programme d'Yves Jego, mais il entend que des réponses positives soient apportées en priorité à 30 points:coût de la vie, hausse des salaires, octroi de mer, panier de la ménagère, prix des carburants, etc.

Dimanche 1 Février 2009

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