C'est avec une forte conviction que le président de la Région Aquitaine et de l'ARF (Association des Régions de France) s'est adressé aux journalistes à l'occasion de sa présentation des voeux. Conviction quant au rôle "médiateur" de la presse, mais aussi quant à ses propres engagements, en particulier en ce qui concerne une réforme territoriale qui lui semble dangereuse pour la régionalisation, la démocratie, et le fonctionnement de celle-ci. La disparition prématurée de Philippe Seguin qui, laisse-t-il entendre, faisait figure de gardien des finances publiques, lui paraît une double perte et laisse la porte ouverte au non-contrôle... Donc, ce que Alain Rousset espère en premier lieu de cette année 2010 et des prochaines élections régionales, c"est d'abord la "reconnaisance du fait régional". Car à ses yeux il est menacé. Le président des régions françaises ne s'enferme pas pour autant dans un bastion d'opposition, mais propose, au contraire, de reprendre la dialogue avec le gouvernement. Mais à condition "qu'il change sa copie et qu'il se rende compte que ce n'est pas la bonne". A ses yeux, aujourd'hui on ne peut pas nier la légitimité des régions, et pour ce qui concerne l'Aquitaine, il cite les nombreux exemples de soutien aux entreprises, en particulier de celles qui sont innovantes. Favoriser ces dernières, c'est, souligne-t-il, soutenir l'emploi et des activités non délocalisables. Sur le plan de la représentation démocratique, l'organisation actuelle favorise la représentation des citoyens, mais aussi, a-t-il remarqué, le renouvellement du personnel politique, ainsi que la parité homme-femmes. Avec moins d'élus ceux-ci, ne pourront être partout là où ils doivent être, et on va retrouver des assemblées d'hommes âgés. Pour Alain Rousset la réforme voulue par le gouvernement est une "régression", et il se demande si, aux vu des textes, le Conseil constitutionnel peut l'accepter.