Tandis que François Fillon affrontait les huées des maires de France, le préfet de la région Aquitaine Dominique Schmitt, s'exposait aux questions gentillettes des journalistes bordelais dans le cadre d'un débat organisé par le Club de la Presse de la ville. Si les nombreux thèmes abordés empêchaient que l'on approfondisse chacun d'entre eux , le représentant du gouvernement qui, précisément, avait rencontré le Premier ministre avec ses collègues la veille, n'en a pas moins bien fait son métier, et parfaitement exposé les raisons de la réforme territoriale engagée. Des raisons qui peuvent se résumer en deux mots: économies obligent. Ce qui rejoint parfaitement le point de vue que nous exprimions voici quelques jours et selon lequel "l'économique menace la démocratie". Mais ne confondons pas commentaire et compte rendu.
Le préfet d'Aquitaine a appuyé son argumentation -pour ce qui est de la réforme projetée de la fiscalité et de la représentation territoriale -sur des raisons de gestion budgétaire. Selon lui "cela ne peut continuer comme cela". La masse financière disponible, en raison des coûts, est tombée à 45 %, et si l'on ne fait rien, elle sera bientôt à 11%. On ne peut redresser la barre, a-t-il affirmé, que par une réduction massive des personnels. C'est ce qu'a commencé de faire l'Etat avec la réforme des politiques publiques qui lui permettra de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux par le jeu des départs à la retraite. Pour M. Schmitt, les collectivités territoriales doivent elles-aussi engager leur réforme administrative.