Pascale Briand devait évoquer le rôle du corps des vétérinaires dans le domaine des maladies émergentes, avec la mise en place d'une plate-forme d'épidémiosurveillance, et le renforcement des recherches sur les vecteurs avec la contribution du CIRAD, du REMESA (Réseau Méditerranéen de Santé Animale) et de l'ANSES Agence Nationale de Sécurité Alimentaire).
Bernard Vallat, directeur général de l'OIE (Organisation Mondiale de la Santé Animale), invité du Conseil de l'Ordre, a évoqué cette organisation à laquelle participent 178 pays, et souligné la contribution des vétérinaires à la santé animale, mais aussi à la santé publique. Sur cette question prioritaire qui est celle de l'alimentation, il a attiré l'attention sur les perspectives de forte hausse de la demande de protéines nobles dans le monde. Cette demande -qui risque d'avoir doublé dans quelques années- va, selon lui, entraîner une adaptation de l'offre qui ne sera pas sans conséquences et qui risque de générer des problèmes nouveaux.
Mais il n'y a qu'un pas entre les protéines consommées par l'homme et celles destinées à l'alimentation animale. Interrogé sur ce sujet, Bernard Vallat a confirmé qu'il y a bien sur la table de la Commission européenne un projet de règlement autorisant sous certaines conditions un retour des farines animales dans l'alimentation du bétail. L'utilisation de cadavres d'animaux étant désormais proscrite, on ne court plus le risque de propager l'ESB. De plus, l'utilisation de ces farines animales serait étroitement règlementée et leur consommation réservée aux poulets, poissons, et porcs. Le Conseil National de l'Alimentation doit se prononcer sur le sujet dans le courant du mois de novembre. Pascale Briand a cependant souligné que, jusqu'à présent, l'interdiction reste en vigueur en France, et elle a exprimé ses réserves sur le sujet. Rappelons que dernièrement Bruno Le Maire s'était catégoriquement opposé à un éventuel retour des farines animales dans les mangeoires.
G.G.