"Le concert, c'est moi" avait affirmé Franz Liszt "-dont on fêtera en 2011 le bicentenaire de la naissance- lequel inventait en même temps la formule du "récital", c'est-à-dire un spectacle musical avec un seul artiste sur scène. Jusque là, les représentations comportaient plusieurs intervenants. Nul besoin de souligner que, depuis, le récital a fait école. Avec le pianiste italien Giovanni Bellucci qui se produisait dans le cadre de l'actuel festival de Châteauroux des Lisztomanias (jusqu'au 30 octobre) celui-ci pourrait déclarer à juste titre "le chef c'est moi". Giovanni Bellucci se présentait en effet sur la scène de la belle salle Equinoxe de Châteauroux en compagnie de la quarantaine de musiciens de l'Orchestre de Padoue et de Vénétie. Pour ce qui des oeuvres avec orchestre, le concerto no1 de Frédéric Chopin et celui de Robert Schumann étaient au programme. Mais ce n'est sans doute pas simplement pour raison d'économie qu'à Châteauroux Giovanni Bellucci fait tout lui-même en matière de direction en mettant le piano et l'orchestre sous ses ordres. C'est une question de perfection. Il en résulte une brillante exécution, un mariage parfait, finement réglée autour des maîtres du jeu que sont le clavier et les longs bras de l'artiste. De l'or musical parfaitement ciselé, avec des expressions de l'orchestre conformes à la volonté d'interprétation d'un pianiste libéré de cette tierce personne que serait un chef d'orchestre. Ce fonctionnement affiche une telle harmonie que l'on est vite charmé par l'ensemble. Le public de Châteauroux ne s'y est pas trompé en faisant un triomphe à Giovanni Bellucci et à l'orchestre. Le seul inconvénient, c'est que le pianiste tourne le dos au public, et que celui-ci n'aperçoit que sa silhouette et, plus ou moins, ses doigts longilignes qui volent sur le clavier. Cela passe mieux en concerto que dans les oeuvres pour piano seul, pour lesquelles l'instrument n'est pas tourné. Dommage que Giovanni Bellucci n'ait pas inventé un solution qui permettrait de l'apercevoir au moins de profil...
On aura aussi apprécié dans le cadre des Lisztomanias son animation de l'Académie des jeunes pianistes. Giovanni Bellucci explique comment il faut non seulement lire et exécuter les oeuvres de Liszt, Chopin, ou Schumann mais les placer dans leur contexte historique et philosophique...