La prune d'Agen, dite encore d'Ente, ou "sergent major", est venue de loin. De Damas dit-on. Elle revient aussi de loin sur le plan économique sous sa forme de pruneau d'Agen. Pour ceux qui ne le sauraient pas rappelons que le pruneau est tout simplement la prune séchée. Cette pratique traditionnelle en Agenais Périgord eut sans doute disparu si des responsables agricoles dynamiques du Lot-et-Garonne n'avaient pas réussi à mettre le produit au goût et à la portée du consommateur dès les années 50. Cela grâce aux techniques rationnelles de production et à la création d'une interprofession -le Bureau Interprofessionnel du Pruneau d'Agen- en charge, entre autres activités, de la promotion du produit. Aujourd'hui le pruneau d'Agen est devenu l'un des plus solides piliers de l'agriculture lot-et-garonnaise, mais ses horizons sont toutefois quelque peu obstrués par la mondialisation et les perspectives de réforme de la politique agricole commune.
Cette arboriculture est aussi particulièrement dépendante des conditions atmosphériques. Or, il se trouve que cette année, comme le confirme Philippe Valay, responsable d'une coopérative de production, elles ont été particulièrement favorables. La récolte qui doit commencer ces jours-ci s'annonce abondante: de l'ordre de 45 à 55 000 tonnes, soit une dizaine de milliers de tonnes au-dessus des capacités d'absorption du marché qui sont de 40 000 tonnes. Pour éviter une détérioration des conditions de commercialisation, la production a cependant décidé de retirer les petits calibres, ce qui devrait permettre d'adapter l'offre à la demande. On espère aussi pouvoir exporter sous l'effet d'un meilleur rapport euro/dollar. La grande inconnue est cependant le temps qu'il fera au cours de cette deuxième quinzaine d'août. Le beau temps augmente le taux de sucre et permet d'étaler la récolte... Mais il ne sembla pas vraiment au rendez-vous...