SAFER Aquitaine-Atlantique: la petite maison dans la prairie en question


Le département de la Gironde, ainsi que l'Aquitaine, consomment trop de terres agricoles. Les prix des vignes sont très soutenus dans les appellations prestigieuses


Ph Paysud
Ph Paysud
La conférence de la SAFER (Société d'Aménagement Foncier et d'Etablissement Rural) Aquitaine-Atlantique qui se déroulait à Artigues-près-Bordeaux avec la contribution des services statistiques de la DRAAF Aquitaine, a mis en évidence des prix du foncier qui ne se portent pas si mal malgré une crise -qui n'est, semble-t-il, pas pour tout le monde- et le rognage perpétuel de l'espace aux dépens de l'agriculture productive. Le marché rural, indique la SAFER, après un redressement en 2009 qui faisait suite à la stagnation des deux années précédentes, affiche une hausse de 11% des surfaces vendues. Curieusement en Gironde il semble que certains aient tiré parti des incidences de la tempête Klaus pour acquérir de l'espace: les surfaces forestières qui ont changé de mains sont en hausse de 60%, avec un boom du montant des ventes de+79% par rapport à 2010. Le marché des vignes, traditionnellement lié à l'évolution du marché des vins, paraît lui-aussi repartir:+31% de surfaces vendues et +12% en valeur.
Le fait marquant de la période est l'arrivée des investisseurs chinois, mais ce n'est pas toutefois encore le péril jaune:les acquisitions par des acheteurs d'Extrême-Orient se limitent à 15 propriétés qui ne se situent pas parmi les plus prestigieuses. L'acquéreur chinois ne surpaye pas, mais aime les beaux châteaux!.... Quoi qu'il en soit les prix des vignes varient toujours de façon spectaculaire en fonction du "rang" des appellations:19 000€ l'ha en Côtes de Blaye, sur la rive droite de l'estuaire alors que de l'autre côté -Saint-julien-Margaux- où il n'y a presque rien à vendre, on atteint la somme astronomique de 1 100 000€ l'ha! Pauillac fait encore "mieux" avec 1 650 000€! La SAFER constate cependant des baisses dans les AOC génériques bordeaux blanc et rouge, et un mouvement de stabilisation dans le Médoc, dans le Libournais et dans les Graves.

L'inégalité devant l'espace

Preuve de la quête généralisée d'espace, les surfaces de terres et prés vendues sont stables, mais leur prix est en hausse. Malgré tout la SAFER a pu attribuer 549 ha à 44 jeunes agriculteurs en cours d'installation. Cela n'en a pas moins conduit Jean-Pierre Leroy (Confédération Paysanne) à déplorer que l'on vive toujours sous le régime des lois de 1962 qui favorisent l'agrandissement et non l'installation. En fait les choses son plus complexes avec l'enchevêtrement des textes visant à l'organisation de l'urbanisation et à la protection de l'environnement (incidence du Grenelle). Christian Cessateur, maraîcher à Eysines indique par exemple que dans cette zone l'agriculteur n'a plus le droit de construire,ce qui l'oblige à habiter ailleurs...On est pourtant en présence, autour de Bordeaux, de tentatives de relance d'une agriculture périphérique de proximité.
Les lois d'urbanisation limitent déjà les surfaces imputées à la construction urbaine, mais le président de la SAFER Francis Massé veut aller encore plus loin et stopper la généralisation "de la maison dans la prairie". Les acquisitions de biens,ou les constructions, avec "un peu de terre autour", retirent cette terre de la production agricole., et posent des problèmes d'équipements collectifs. "De plus, ces nouveaux venus ne s'accommodent pas des incidences de l'activité agricole (bruits,nuisances, rythme des travaux)."
Ainsi l'égalité des citoyens devant l'espace semble s'éloigner. Se dirige-t-on vers de grandes exploitations offrant un paradis de campagne à quelque centaines de mille de privilégiés, alors que des millions de gens seront concentrés en zone urbaine? Le mouvement est amorcé à Bordeaux et en Gironde. Selon les statisticiens le département va "gagner' 230 000 habitants en 20 ans. Et l'on perdra encore 30 000 à 50 000 ha de terres (7500 ha se sont déjà envolés en 10 ans). S'ajoute à cela l'incidence des projets photovoltaïques que les jeunes agriculteurs, avec l'accord du sénateur Gérard César, voudraient ne pas voir manger de terres agricoles.
"Le premier qui, ayant enclos un terrain, s'avisa de dire : Ceci est à moi...." a écrit Jean-Jacques Rousseau dont on fête cette année le 300e anniversaire.....
Gilbert Garrouty

Mercredi 14 Mars 2012

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