L'ambiance politique malsaine née des récents incidents de l'Assemblée Nationale entre la majorité et la gauche ne se cantonne pas dans la capitale. On l'a senti à travers le discours d'Alain Rousset qui, il est vrai, est aussi le président des Régions de France, à l'occasion de sa conférence de presse de rentrée. Un discours qui est allé bien au-delà des dossiers économiques et professionnels en dépit du symbole du lieu, Cap Métiers, à Bordeaux. Le président de l'Aquitaine a semblé avoir du mal à se concentrer sur les sujets régionaux tant il se sent poursuivi par les spectres sarkoziens qu'il rencontre au coin de la quasi-totalité des dossiers. Tout en affichant son flegme habituel Alain Rousset s'est en effet montré très dur à l'égard de Brice Hortefeux, de Nicolas Sarkozy, de la politique du gouvernement, mais surtout à propos du discours employé à l'égard des roms. Evoquant des déclarations du ministre, il estimait "que l'on est sur des thèmes de discours que même le Front National n'a pas osé emprunter". Et d'ajouter, avant de faire allusion aux réticences parfois exprimées d' Alain Juppé ou de Jean-Pierre Raffarin: "jamais un gouvernement de droite n'a ainsi stigmatisé une catégorie". Le président de l'Aquitaine et des régions de France qui laisse entendre que tout cela rappelle un sinistre passé, ne ménage pas le Président de la République qui lui semble mener une action de façade pour camoufler ses échecs. "En réalité, Sarkozy est le champion de l'insécurité." Mais ses critiques ne se limitent pas à ce dossier. Il prolonge les attaques socialistes en remarquant: "IL va présider le G20, mais quelle sera sa crédibilité? Sarkozy c'est l'homme de l'échec, de l'insulte..." Et de s'en prendre aux conditions qu'il trouve scandaleuses des modalités de remboursement des prêts aux banques....