Jonas Kaufmann, l'unique!


C'est le ténor qui monte. Tout en apportant de nouveaux plaisirs aux amateurs de belles voix et sans chercher à imiter ses prédécesseurs ou ses contemporains. Jonas Kaufmann réussit tout en étant lui-même


Jonas Kaufmann,  l'unique!
Pas de comparaison conventionnelle et facile :
"C'est un nouvel untel !"
"Il a les aigus d’untel !"
"Il a la diction d’untel !"
Non, il est lui Jonas Kaufmann. Un ténor qui ne ressemble qu'à lui-même et qui ne veut être que lui-même.
Des preuves ? Il les a données le 17 mars dernier au Théâtre des Champs Elysées à Paris en offrant un exemplaire récital dans un concert un peu académique.
Pas de cabotinage ni de show chez ce Munichois . Il nous a offert du chant et quelle leçon de chant, même si par moments, on se sent frustré dans le répertoire italien par un certain empâtement dans le phrasé. Mais en revanche dans le répertoire français on est suspendu à ses nuances musicales et à sa diction jusqu'au dernier étage du théâtre. On l'écoute religieusement. Du plus beau pianissimo au plus percutant aigu, toutes les notes, tous les mots, toutes les émotions donnent à ses personnages les reliefs indispensables. Jonas Kaufmann, on le reconnaît entre tous par cette voix si particulière composée de veloutés "barytonnants", de phrasés légèrement engorgés et des "pianissimis" dans lesquels on arriverait presque à donner un sens à chaque lettre et à chaque note. Il ne faut pas oublier ses puissants aigus très bien maîtrisés et qui lui sont si personnels. Ce sont toutes ces qualités qui le rendent unique.
De plus, il faut y ajouter son charme scénique si typique et si attachant. En effet, par son physique de beau ténébreux romantique, il est unique. Il éclaire la scène. Son sourire est aussi craquant que sa voix. Quel charisme et quelle tenue! Quel exemple pour tous ceux qui pensent que chanter est synonyme de pantomime!








Dans Wagner: le frisson...

Ce soir-là Puccini, Verdi, Bizet, Massenet, Wagner sont à l'honneur. C'est surtout avec ce dernier compositeur que le frisson passe et vous coupe la respiration. Il est Lohengrin, c'est son rôle. Rien qu'avec un air, on imagine tout l'ouvrage avec la même fascination pour ce personnage. Heureux sont ceux qui vont pouvoir l'entendre dans cette prise de rôle cet été à Munich.
Malheureusement, cette soirée de rêve a été ternie avec l'accompagnement guignolesque de l'Orchestre national de Belgique et de son Chef. Des morceaux orchestraux super connus devenus pénibles à écouter, ennuyeux sans saveur, secs, sans âme. Qui a eu cette l'idée de choisir cet orchestre et ce chef pour être à côté d'un tel chanteur ? Un chef qui croit que parce qu'on est jeune il faut absolument sauter avec des gestes encombrants. De plus, je pense qu'il n'a pas compris que ce n'est pas parce que le chanteur projette des notes élevées qu'il faut pousser l'orchestre avec des à-coups sonores déplacés. Jonas Kaufmann méritait bien mieux.
La soirée s'est achevée avec une ovation des plus passionnées à l'égard du ténor . Spectateurs debout avec des bravos tombant des étages comme des bouquets de fleurs. Voilà ce genre de soirée pour laquelle on a tendance à dire autour de soi, j'y étais !




Vendredi 20 Mars 2009

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