Installation des jeunes agriculteurs:vers le changement de culture


Les assises aquitaines de l'installation des jeunes agriculteurs mettent en évidence l'inadaptation de certaines règles en vigueur


Les animateurs de la "restitution" aquitaine (Ph Paysud)
Les animateurs de la "restitution" aquitaine (Ph Paysud)
L'Aquitaine n'est pas en avance sur le calendrier fixé, mais sa contribution au sujet sera probablement marquante au plan national. C'est en effet une "radioscopie" approfondie de la politique d'installation des jeunes agriculteurs qui a été présentée ce vendredi au cours d'une séance de restitution qui réunissait les représentants des principales structures concernées, dans les locaux de l'INRA à Villenave-d'Ornon. L'Aquitaine est en effet la seule région de France à avoir demandé une pareille évaluation à un bureau d'études, en l'occurrence Tercia-Oréade-Brèche.
Ces instances faisaient suite à la synthèse des suggestions des chambres d'agriculture présentée quelques jours auparavant. Rappelons que cette réflexion s'inscrit dans le cadre des projets du ministère de l'Agriculture qui a lancé des assises nationales afin d'élaborer une politique rénovée de l'installation des jeunes agriculteurs à inscrire dans la future loi agricole d'avenir. La consultation régionale est organisée en partenariat avec l'Association des Régions de France, et elle doit permettre la remise d'une synthèse des propositions à la fin du mois de juin. Le dossier est colossal comme on l'imagine. En tout cas le bureau d'études en a détaillé les nombreuses ramifications avant d'émettre une série de propositions qui reprennent en grande partie celles des professionnels.
En Aquitaine on installe un millier d'agriculteurs (788 selon les chambres d'agriculture) par an, c'est mieux que la moyenne nationale, mais peu par rapport au vieillissement des chefs d'exploitation et à leur disparition. 40% ont plus de 40 ans, et un tiers s'installent sans l'aide des pouvoirs publics (la DJA,dotation à l'installation des jeunes agriculteurs) ce qui interroge. Une bonne partie des installations de font hors cadre familial, en particulier en Gironde et en Dordogne. Il existe désormais de nombreux candidats au métier non issus de l'agriculture. Des dispositions sont donc avancées pour permettre l'accès aux aides à tous ceux qui deviennent agriculteurs. Les chambres d'agriculture optent notamment pour la suppression du seuil réglementaire de la demi-SMI (Surface minimale d'installation).

Le blocage foncier

Quelques voix se sont élevées pour souligner le lien existant entre les départs et les arrivées en agriculture, ainsi que les blocages qui découlent du foncier. Des terres ne se libèrent pas, et parfois restent en friche. Pour certains il est nécessaire de revaloriser les retraites pour favoriser les départs, ou encore de recréer une IVD (Indemnité Viagère de Départ). Mais les budgets ne le permettent pas, et l'efficacité en est douteuse.
Le sujet tabou du statut du fermage a toutefois été soulevé prudemment, le cabinet d'études retenant néanmoins la nécessité de le réformer. En effet, comme l'a dit Hervé Durand, DRAAF, qui co-présidait ces instances avec Jean-Pierre Raynaud, vice-président de la région Aquitaine, "si les propriétaires de cèdent pas leur terres en fermage ce n'est pas tellement pour des raisons de tarifs, mais avant tout par ce qu'ils craignent de ne pouvoir jamais les récupérer ".
Le coût annuel de l'installation pour les politiques publiques est de 12 millions d'euros par an en Aquitaine. Se pose donc la question de la meilleure utilisation possible de ces aides, et de l'accès à celles-ci pour tous, y compris ceux qui s'installent sans les formations spécifiques à l'agriculture. Une formule en place en Dordogne depuis 2010 -qui, grâce à la contribution financière de l'Europe, des collectivités, de coopératives, permet d'accorder des prêts d'honneur à 0% de 5000 à 20 000€ -pourrait inspirer une formule identique au plan aquitain. Une gouvernance régionale élargie de l'installation est par ailleurs proposée dans les conclusions de l'étude. Mais les organisations professionnelles agricoles majoritaires entendent y occuper le terrain. Les minoritaires aussi...
GILBERT GARROUTY
Vendredi 14 Juin 2013

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