PH DR
Suite à la visite ce jour du Premier ministre qui a annoncé diverses mesures d'aide aux sinistrés avec une aide de 12 millions d'euros, Alain Roussset propose un plan de soutien en tois volets.
Au-delà du temps de la crise, pour mieux protéger le territoire néo-aquitain, entre autres, face au risque incendie, Alain Rousset, président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, a proposé au Premier ministre Sébastien Lecornu, et aux ministres Nuñez, Genevard et Lefèvre de prendre trois décisions structurantes :
1. Implanter en Nouvelle-Aquitaine une base permanente de bombardiers d’eau
En août 2023, au milieu des paysages encore marqués par les incendies de La Teste-de-Buch et de Landiras, le gouvernement avait promis de tirer les leçons du grand incendie de 2022 et Gérald Darmanin, alors ministre de l’Intérieur avait annoncé l’installation à Mont-de-Marsan d’une seconde base aérienne en complément de celle de Nîmes, qui concentre aujourd’hui toutes les forces de lutte contre les feux (12 Canadair, 8 Dash et 3 Beech).
Lors du mégafeu en Gironde, seulement deux Canadair ont pu être mobilisés durant les premières heures, or c’est à ce moment que l’on peut circonscrire le feu. Comme l’a rappelé dans la presse, le Syndicat national du personnel navigant de l’aéronautique civile, l’envoi rapide de quatre Canadair aurait changé la donne.
La Région Nouvelle-Aquitaine demande donc un engagement ferme d’un détachement d’une base opérationnelle permanente de bombardiers d’eau, dotée de Canadair et des autres moyens aériens nécessaires à la protection du massif des Landes de Gascogne et, plus largement, du grand Sud-Ouest.
D’autant plus que depuis 2023, le territoire dispose d’un pélicandrome sur la base aérienne 106 à Mérignac, en Gironde, pour ravitailler ces avions en eau et produit retardant. Sans oublier, celui qui est installé alternativement sur la base aérienne 118 de Mont-de-Marsan et sur l’aéroport de Pau – Uzein pour renforcer la défense du sud du massif des Landes de Gascogne durant la période estivale. Ou encore le pélicandrome de Limoges.
Ce détachement pourra s’appuyer sur la qualité de la filière aéronautique régionale, mais aussi bénéficier d’un écosystème de premier plan dans la maintenance, à travers le campus de formation dédié : Aerocampus Aquitaine, mais aussi la présence d’acteurs comme Sabena Technics, titulaire du contrat de maintenance des Canadair français. La société compte 1 000 salariés sur son site de Mérignac, en Gironde.
La Région est prête à mobiliser cet écosystème aux côtés de l’État pour accompagner les entreprises, former les personnels, structurer les compétences nécessaires et accueillir durablement un détachement de lutte aérienne contre les incendies.
2. Lancer un grand plan pour maintenir l’eau dans les forêts et lutter contre leur assèchement
Face à la multiplication des sécheresses et des épisodes de chaleur extrême, prévenir les incendies, c’est aussi agir en amont pour préserver l’eau dans les massifs forestiers et limiter leur assèchement.
La Région Nouvelle-Aquitaine demande à l’État d’engager à ses côtés un grand programme de restauration du fonctionnement hydrique des forêts, en particulier dans le massif des Landes de Gascogne : restauration des zones humides, reméandrage des cours d’eau, optimisation de la gestion hydraulique, ralentissement des écoulements et, plus largement, développement de solutions permettant de retenir davantage l’eau dans les sols et les écosystèmes forestiers.
La Région expérimente déjà depuis les incendies de 2022 plusieurs de ces solutions, tels que les travaux de reméandrage, d’optimisation hydraulique et de restauration des zones humides. Avec des résultats probants. Il faut désormais, avec l’État, changer d’échelle et organiser le déploiement à l’échelle des massifs des solutions les plus efficientes.
La lutte contre les incendies ne commence pas lorsque le feu se déclare : elle commence par le développement d’une forêt moins « sèche », capable de mieux conserver son eau et de mieux résister aux épisodes climatiques extrêmes.
3. Faire des 42 000 hectares de forêt ravagés un territoire pilote national de l’adaptation de la forêt au changement climatique
Après les incendies de 2022 et ceux de 2026, reconstruire la forêt à l’identique ne peut constituer une réponse satisfaisante.
La Région Nouvelle-Aquitaine propose de faire des 42 000 hectares un territoire pilote national d’une forêt expérimentale, associant l’État, le Conseil régional, l’Europe, la recherche, INRAé, les propriétaires forestiers et l’ensemble de la filière comme Alliance Forêt Bois.
Ce programme permettra d’accélérer les travaux sur la diversification des peuplements, la gestion de l’eau, les interfaces entre forêt et zones habitées, la prévention, la détection précoce des départs de feu et les nouvelles technologies de surveillance et d’intervention.
La Région mobilise déjà ses moyens et propose notamment une réorientation de 4,2 millions d’euros de FEADER en faveur de la DFCI. L’État doit désormais engager un effort à la hauteur de l’ambition.
Un bilan des incendies très douloureux pour la Gironde et les Landes
Le bilan des mégafeux, qui ont impacté la Gironde fin juillet, est particulièrement douloureux : 42 000 hectares de forêt ravagés, 220 000 personnes déplacées, 240 maisons brûlées, 126 pompiers blessés, 39 000 entreprises et 100 000 salariés touchés directement ou indirectement… Les dommages sont conséquents, aussi bien sur le plan économique, social, que psychologique. L’onde de choc a largement dépassé les zones sinistrées et les villes évacuées. A Bordeaux, les restaurateurs ont subi plus de 50% de baisse d’activité et le tourisme a chuté de plus 30% jusque dans l’Entre-deux-mers. Or, le tourisme représente 7% du PIB du département, plus de 40 000 emplois et 3,2 milliards d’euros de retombées économiques. En 2022 déjà, un grand incendie a détruit plus de 20 000 hectares en Gironde et avait entraîné une baisse de fréquentation touristique de 40 %.
Dans le même temps, un incendie a dévasté 3 600 hectares et 198 bâtiments à Biscarrosse dans les Landes, conduisant à l’évacuation de 23 000 personnes. De nombreuses familles et entreprises auront des difficultés à s’en relever sans aide forte des pouvoirs publics.
(Extrait du communiqué de la Région)
i[
Au-delà du temps de la crise, pour mieux protéger le territoire néo-aquitain, entre autres, face au risque incendie, Alain Rousset, président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, a proposé au Premier ministre Sébastien Lecornu, et aux ministres Nuñez, Genevard et Lefèvre de prendre trois décisions structurantes :
1. Implanter en Nouvelle-Aquitaine une base permanente de bombardiers d’eau
En août 2023, au milieu des paysages encore marqués par les incendies de La Teste-de-Buch et de Landiras, le gouvernement avait promis de tirer les leçons du grand incendie de 2022 et Gérald Darmanin, alors ministre de l’Intérieur avait annoncé l’installation à Mont-de-Marsan d’une seconde base aérienne en complément de celle de Nîmes, qui concentre aujourd’hui toutes les forces de lutte contre les feux (12 Canadair, 8 Dash et 3 Beech).
Lors du mégafeu en Gironde, seulement deux Canadair ont pu être mobilisés durant les premières heures, or c’est à ce moment que l’on peut circonscrire le feu. Comme l’a rappelé dans la presse, le Syndicat national du personnel navigant de l’aéronautique civile, l’envoi rapide de quatre Canadair aurait changé la donne.
La Région Nouvelle-Aquitaine demande donc un engagement ferme d’un détachement d’une base opérationnelle permanente de bombardiers d’eau, dotée de Canadair et des autres moyens aériens nécessaires à la protection du massif des Landes de Gascogne et, plus largement, du grand Sud-Ouest.
D’autant plus que depuis 2023, le territoire dispose d’un pélicandrome sur la base aérienne 106 à Mérignac, en Gironde, pour ravitailler ces avions en eau et produit retardant. Sans oublier, celui qui est installé alternativement sur la base aérienne 118 de Mont-de-Marsan et sur l’aéroport de Pau – Uzein pour renforcer la défense du sud du massif des Landes de Gascogne durant la période estivale. Ou encore le pélicandrome de Limoges.
Ce détachement pourra s’appuyer sur la qualité de la filière aéronautique régionale, mais aussi bénéficier d’un écosystème de premier plan dans la maintenance, à travers le campus de formation dédié : Aerocampus Aquitaine, mais aussi la présence d’acteurs comme Sabena Technics, titulaire du contrat de maintenance des Canadair français. La société compte 1 000 salariés sur son site de Mérignac, en Gironde.
La Région est prête à mobiliser cet écosystème aux côtés de l’État pour accompagner les entreprises, former les personnels, structurer les compétences nécessaires et accueillir durablement un détachement de lutte aérienne contre les incendies.
2. Lancer un grand plan pour maintenir l’eau dans les forêts et lutter contre leur assèchement
Face à la multiplication des sécheresses et des épisodes de chaleur extrême, prévenir les incendies, c’est aussi agir en amont pour préserver l’eau dans les massifs forestiers et limiter leur assèchement.
La Région Nouvelle-Aquitaine demande à l’État d’engager à ses côtés un grand programme de restauration du fonctionnement hydrique des forêts, en particulier dans le massif des Landes de Gascogne : restauration des zones humides, reméandrage des cours d’eau, optimisation de la gestion hydraulique, ralentissement des écoulements et, plus largement, développement de solutions permettant de retenir davantage l’eau dans les sols et les écosystèmes forestiers.
La Région expérimente déjà depuis les incendies de 2022 plusieurs de ces solutions, tels que les travaux de reméandrage, d’optimisation hydraulique et de restauration des zones humides. Avec des résultats probants. Il faut désormais, avec l’État, changer d’échelle et organiser le déploiement à l’échelle des massifs des solutions les plus efficientes.
La lutte contre les incendies ne commence pas lorsque le feu se déclare : elle commence par le développement d’une forêt moins « sèche », capable de mieux conserver son eau et de mieux résister aux épisodes climatiques extrêmes.
3. Faire des 42 000 hectares de forêt ravagés un territoire pilote national de l’adaptation de la forêt au changement climatique
Après les incendies de 2022 et ceux de 2026, reconstruire la forêt à l’identique ne peut constituer une réponse satisfaisante.
La Région Nouvelle-Aquitaine propose de faire des 42 000 hectares un territoire pilote national d’une forêt expérimentale, associant l’État, le Conseil régional, l’Europe, la recherche, INRAé, les propriétaires forestiers et l’ensemble de la filière comme Alliance Forêt Bois.
Ce programme permettra d’accélérer les travaux sur la diversification des peuplements, la gestion de l’eau, les interfaces entre forêt et zones habitées, la prévention, la détection précoce des départs de feu et les nouvelles technologies de surveillance et d’intervention.
La Région mobilise déjà ses moyens et propose notamment une réorientation de 4,2 millions d’euros de FEADER en faveur de la DFCI. L’État doit désormais engager un effort à la hauteur de l’ambition.
Un bilan des incendies très douloureux pour la Gironde et les Landes
Le bilan des mégafeux, qui ont impacté la Gironde fin juillet, est particulièrement douloureux : 42 000 hectares de forêt ravagés, 220 000 personnes déplacées, 240 maisons brûlées, 126 pompiers blessés, 39 000 entreprises et 100 000 salariés touchés directement ou indirectement… Les dommages sont conséquents, aussi bien sur le plan économique, social, que psychologique. L’onde de choc a largement dépassé les zones sinistrées et les villes évacuées. A Bordeaux, les restaurateurs ont subi plus de 50% de baisse d’activité et le tourisme a chuté de plus 30% jusque dans l’Entre-deux-mers. Or, le tourisme représente 7% du PIB du département, plus de 40 000 emplois et 3,2 milliards d’euros de retombées économiques. En 2022 déjà, un grand incendie a détruit plus de 20 000 hectares en Gironde et avait entraîné une baisse de fréquentation touristique de 40 %.
Dans le même temps, un incendie a dévasté 3 600 hectares et 198 bâtiments à Biscarrosse dans les Landes, conduisant à l’évacuation de 23 000 personnes. De nombreuses familles et entreprises auront des difficultés à s’en relever sans aide forte des pouvoirs publics.
(Extrait du communiqué de la Région)
i[

Accueil
Suites des incendies:les trois propositions d'Alain Rousset


















