Glyphosate:Macron déçoit fortement les agriculteurs de la FNSEA


Vive réaction de la FNSEA suite à l'intention du Président de la République de limiter l'usage du glyphosate à moins de 3 ans en France et de ne pas suivre l'UE. Une "provocation" pour le syndicat majoritaire qui annonce une mobilisation contre les distorsions de concurrence


La France n'a pas été suivie (DR)
La France n'a pas été suivie (DR)
"Le Président de la République se dédie et provoque". C'est le titre du communiqué de la FNSEA vent debout face à l'intention exprimée par M. Macron de ne pas respecter la décision -prise à la majorité des Etats-membres de l'UE- de prolonger le glyphosate pour 5 ans.
Voici le communiqué de la FNSEA qui annonce aussi une grande mobilisation des agriculteurs:
"Hier, une majorité qualifiée s’est dégagée au sein de l’Union Européenne en faveur d’une ré autorisation du glyphosate pour une durée de 5 ans. Il s’agit bien d’une majorité d’Etats et non d’une décision technocratique de la Commission ; une majorité sans la France qui a été mise en minorité : c’est aussi ça, la démocratie. Cette décision de l’Europe est une preuve de pragmatisme des Etats membres qui ont bien compris que le temps politique devait s’accorder au temps scientifique nécessaire pour proposer des solutions crédibles aux agriculteurs et garantir ainsi la sécurité alimentaire de nos concitoyens.
Pourtant, face à ce vote, le Président de la République a décidé que la France ferait cavalier seule, en précisant dans un tweet qu’il prendrait les dispositions nécessaires pour que « l’utilisation du glyphosate soit interdite dans notre pays au plus tard d’ici trois ans». Il est incompréhensible que Monsieur Macron, dont l’élection s’est largement faite sur l’adhésion au projet européen, en refuse les décisions et les principes lorsqu’ils ne lui conviennent pas.Les agriculteurs reçoivent cette position comme un reniement, alors même que le candidat Macron leur déclarait dans la lettre qu’il leur envoyait le 19 avril : «je me battrai pour la convergence fiscale, sociale ET environnementale au sein de l’Union européenne, afin que chaque Etat joue avec les mêmes règles du jeu ». Engagement confirmé le 30 mars devant 1000 agriculteurs à Brest.
Nous regrettons cette provocation !
D’ailleurs dès aujourd’hui nous allons mettre l’accent sur les risques de distorsion en manifestant contre le CETA et le Mercosur. La viande bovine étant particulièrement en danger, ce sont ses producteurs qui vont commencer le mouvement.Il s’agit de dénoncer l’acceptation de règles différentes pour ce que l’on produit et pour ce que l’on importe, car cela devient insupportable. D’ici quelques jours, l’ensemble des agriculteurs, toutes productions confondues, manifesteront sur tout le territoire pour mettre en avant ces contradictions, ces distorsions et au fond ces injustices qui touchent l’ensemble des agriculteurs".

Et si le glyphosate était inoffensif?

Gil Rivière-Wekstein, spécialiste des questions agricoles et environnementales, vient de nous indiquer ceci:
" Jusqu'à il y a quelques jours, l'Union européenne ainsi que la majorité des pays membres se basaient sur les avis unanimes des agences sanitaires : aucune d'entre elles n'a observé d'effets cancérogènes, neurotoxiques ou génotoxiques du glyphosate. Certains pays comme la France et l'Italie se fondaient quant à eux sur les conclusions de la monographie du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), qui a estimé en 2015 disposer de suffisamment d'éléments pour classifier le glyphosate dans la catégorie 2A, à savoir « cancérogène probable ».
Mais une nouvelle étude épidémiologique publiée le 9 novembre dernier dans la revue scientifique Journal of the National Cancer Institute est venue rebattre les cartes. Menée sur une longue durée, auprès de 54 000 applicateurs américains de produits phytosanitaires (Agricultural Health Study), elle ne trouve aucun lien entre l'exposition au glyphosate et le cancer.
Autre point majeur à noter : alors que les auteurs de précédentes études ont été régulièrement accusés de collusions avec des industriels, les chercheurs et universitaires à l'origine de ce nouveau travail n'ont aucun conflit d'intérêts à déclarer. De même, l'étude a été financée sur fonds publics. Luc Multigner, expert à l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), a lui-même déclaré le 22 novembre : « En l'état actuel des connaissances - et cette étude américaine c'est quand même l'artillerie lourde qui écrase toutes les études anciennes qui sont essentiellement rétrospectives - sur la base de travaux effectivement publiés, scientifiquement évalués par des pairs, il n'y a pas d'évidence d'association entre l'exposition professionnelle au glyphosate et la survenue de cancer »

Mardi 28 Novembre 2017

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