Le préfet d'Aquitaine avocat de la réforme territoriale

Pour Dominique Schmitt l'administration territoriale coûte trop cher, et "on ne peut continuer ainsi"



(Ph Paysud)
(Ph Paysud)
Tandis que François Fillon affrontait les huées des maires de France, le préfet de la région Aquitaine Dominique Schmitt, s'exposait aux questions gentillettes des journalistes bordelais dans le cadre d'un débat organisé par le Club de la Presse de la ville. Si les nombreux thèmes abordés empêchaient que l'on approfondisse chacun d'entre eux , le représentant du gouvernement qui, précisément, avait rencontré le Premier ministre avec ses collègues la veille, n'en a pas moins bien fait son métier, et parfaitement exposé les raisons de la réforme territoriale engagée. Des raisons qui peuvent se résumer en deux mots: économies obligent. Ce qui rejoint parfaitement le point de vue que nous exprimions voici quelques jours et selon lequel "l'économique menace la démocratie". Mais ne confondons pas commentaire et compte rendu.
Le préfet d'Aquitaine a appuyé son argumentation -pour ce qui est de la réforme projetée de la fiscalité et de la représentation territoriale -sur des raisons de gestion budgétaire. Selon lui "cela ne peut continuer comme cela". La masse financière disponible, en raison des coûts, est tombée à 45 %, et si l'on ne fait rien, elle sera bientôt à 11%. On ne peut redresser la barre, a-t-il affirmé, que par une réduction massive des personnels. C'est ce qu'a commencé de faire l'Etat avec la réforme des politiques publiques qui lui permettra de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux par le jeu des départs à la retraite. Pour M. Schmitt, les collectivités territoriales doivent elles-aussi engager leur réforme administrative.

Trop de fonctionnaires...

Et de citer des chiffres qui laissent pantois: en quelques années, le nombre des fonctionnaires employés par les collectivités est passé de 1 100 000 à 1 600 000. Communes, communautés de communes, syndicats, département, région se chevauchent aux dépens de la rationalité. Conseils généraux et régionaux dépensent chaque année 20 milliards d'euros, soit l'équivalent du produit de la taxe professionnelle. Les dépenses des seconds ont augmenté de... 267% en dix ans. "Cela ne peut continuer ainsi et on ne doit pas laisser croitre indéfiniment la fiscalité " répète le préfet d'Aquitaine. A ses yeux, il est temps de mutualiser les structures et les services. Ce sont ces impératifs qui le conduisent à considérer que la réduction de moitié du nombre des élus locaux est justifiée. De plus "si c'est le même élu qui est concerné par le même dossier les accords se verront facilités". "Si c'est le même élu, il le fera de lui-même". Dominique Schmitt cite à l'appui de son argumentation les difficultés de coordination entre collectivités bordelaises pourtant de même bord politique. Selon le préfet d'Aquitaine, il est par ailleurs impossible de reporter continuellement la fiscalité sur les ménages, et la courbe découlant des collectivités ne doit pas continuer à grimper alors que celle de l'Etat baisse.
Autre raison avancée par le préfet, et à laquelle agriculteurs et autres habitants de la campagne devraient prêter attention:" la sur-représentation du secteur rural n'est pas nécessairement bonne".


Notre commentaire: la politique de la France pauvre

Il y a maintenant pas mal d'années, Jean Cau avait adapté une pièce de Théâtre dans laquelle rôle principal était tenu par Jacques Fabbri, et dont le titre était "Pauvre France!". On pourrait sans doute en construire une autre aujourd'hui sous la bannière de "France Pauvre!" Car, en clair, de Paris à Bordeaux on nous dit que le pays n'a pas -ou plus-les moyens de sa démocratie. Un pays que ,l'on veut gérer comme une entreprise à dimension multinationale avec l'impératif essentiel de réduction de la masse salariale. Celle-ci effectuée on demandera peut-être aux gros salaires -s'il en reste- de lever le doigt. Trop de fonctionnaires dans les collectivités? Il y a certes à voir. Voir par exemple s'il n'y a pas d'emplois de complaisance, et si la devise est à tous les échelons "servir mais pas se servir". Mais on ne pouvait transférer aux départements ou aux régions des paquets de nouvelles compétences sans le personnel nécessaire pour les faire fonctionner. Il est tout de même facile à l'Etat dans ces conditions de dire "moi je baisse les impôts, vous vous les montez". Quant à la démocratie, de toute évidence, elle ne va pas y gagner avec des élus plus éloignés des gens. De plus ceux-ci seront recentrés sur la ville aux dépens de l'espace rural. Comme l'on va montrer du doigt et "carboniser" celui qui prendra trop sa voiture, ne va-t-on pas favoriser la concentration des populations dans les cités et laisser la campagne livrée aux ronces et, pourquoi pas, aux loups? La ville est pourtant parfois bien heureuse de trouver une nature accueillante!

Mardi 17 Novembre 2009

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