Les débats autour du Prix Albert Londres: Profession, journaliste



"Notre métier n'est pas de faire plaisir, non plus que de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie". Cette phrase d'Albert Londres, devenue la devise du prix du même nom, a été répétée de nombreuses fois les jours derniers, à l'occasion des diverses séquences bordelaises d'une manifestation censée récompenser le dessus du panier du journalisme. Cette profession, dont l'exercice libre est garant de la démocratie, n'est pourtant pas la plus comprise, et la plus prisée des Français. Ils classent même les journalistes en bas du tableau des personnes en qui on peut faire confiance. Il est vrai que les emballements de l'audiovisuel, en particulier des médias d'information permanente, contraints en de nombreuses fois de se renier, ne fait qu'alimenter ce déficit d'image. La maxime venue d'Albert Londres, bien que fondée, laisserait penser aussi que le journaliste ne s'intéresse pas à ce qui va bien. Ce qui est faux, puisque les magazines papier, ou autres, abordant autre chose que les malheurs du monde sont légion. Voici pour l'ambiance.
C'était donc une très bonne idée de creuser un peu plus le sujet à l'occasion de cette édition bordelaise du Prix. Cela s'est passé à l'IJBA (Institut de Journalisme Bordeaux Aquitaine) à l'occasion d'une série de conférences en présence des étudiants, et de quelques professionnels invités. On a ainsi parlé des difficultés d'exercice du métier dans un pays en guerre comme la Syrie, du travail de la presse au Québec pour dévoiler les méfaits de la mafia. Nous nous sommes quant à nous attardés sur deux autres thèmes: "la presse à l'heure des lanceurs d'alerte" et "être correspondant à Pékin".

C'est le citoyen qui paye...

Le lanceur d'alerte, c'est celui par qui l'info arrive. Hervé Brusini (France Tv Info) et Fabrice Arti, de Mediapart, à l'origine de l'affaire Cahuzac, ont débroussaillé le sujet de façon captivante. A cette occasion on a beaucoup appris sur la genèse des dossiers qui ont fait la Une de l'actualité, aussi bien côté Bettencourt que du Villeneuvois. Tout l'art du journaliste "d'investigation" -Fabrice Arti préfère le terme "d'initiative"- est de trouver la faille, d'amener à livrer l'information, de procéder à toutes les vérifications. Parfois c'est le poids trop lourd d'un secret qui pousse à la confidence. Parfois un abondant usage de l'armagnac, comme ce fut le cas à propos du fameux enregistrement. Le journaliste de Mediapart n'évoque pas cependant l'hypothèse du lanceur d'alerte intéressé, ou objet de manipulation. Cela existe aussi.
Ce qui inquiète à l'écoute de Fabrice Arti, c'est comme l'existence d'une connivence, d'une solidarité entre "grands" qui ne connait ni droite ni gauche, mais seulement l'intérêt financier. Les noms cités font croire que cela monte très haut dans les échelons politiques. Pour l'intervenant , le citoyen doit savoir que fraudes et mensonges coûtent des millions d'euros, et que c'est lui qui paye. Il trouve aussi anormal, si ce n'est scandaleux, qu'une personnalité politique en vue qui a fauté puisse être réélue, ou qu'elle soit invitée à la télévision sans qu'on le rappelle...
Quant à être correspondant d'un grand média en Chine, cela s'avère jouer le rôle d'envoyé très spécial. C'est ce qui ressort de l'échange entre Caroline Puel (journaliste, écrivain), François Hauter (Le Figaro),Philippe Rochot (France 2), tous trois prix Albert Londres, et qui ont tous travaillé à Pékin. On constatera une certaine ouverture du régime à la liberté d'informer, mais cela semble laisser sceptique François Hauter lequel est toujours jugé indésirable en Chine. Caroline Puel est indulgente pour le régime de Pékin qui s'attaque à la pollution atmosphérique. D'une façon générale les journalistes peuvent maintenant aller où ils veulent. Surtout si c'est pour souligner les bienfaits du Parti....
Gilbert Garrouty
Mardi 13 Mai 2014

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