DOSSIER-Les opposants basques à la LGV face aux "vents" du Nord



DOSSIER-Les opposants basques à la LGV face aux "vents" du Nord
Les opposants au projet de construction de la ligne grande vitesse dans sa traversée du Pays Basque ont frappé fort voici quelques jours, entre Hendaye et Irun, en rassemblant une foule estimée généralement autour de 15 000 personnes. Une manifestation affichant la détermination de ses acteurs, mais aussi leur bonne tenue, puisque aucun incident ne fut à signaler. Néanmoins, ce succès populaire n'a jusqu'ici éveillé aucune réaction officielle, et encore moins aucune révision des positions de la part des promoteurs du projet, en particulier les Pouvoirs publics, et Réseau Ferré de France. De plus, à quelques semaines des élections régionales, cette affaire prend une allure de dossier empoisonné, en particulier pour les socialistes et Alain Rousset, dans la mesure où la Région Aquitaine à majorité socialiste est favorable au projet. Le dossier ne sera pas pour autant neutre pour les tenants de la majorité présidentielle, même si dans les Pyrénées-Atlantiques Alain Lamassoure tente d'enfoncer un coin entre ses concurrents et demande au président de la région de "lever les ambiguités". La formation de droite draine plutôt les voix d'électeurs fidèles aux modèles classiques de développement économique. Mais il n'est pas certain que ce qui se passe actuellement sur le terrain soit sans conséquences. Surtout lorsque l'on prend connaissance des argumentations avancées par Alain Lamassoure qui parle "de combat d'arrière-garde", et indique que le projet est sur les rails depuis en 1994-il l'a défendu lui-même- et qu'il est maintenant une volonté européenne. Ce qui confirme l'existence d'une raison supérieure des Etats. Il y a bien là un problème de fond. Peut-on à notre époque faire fi de la volonté des habitants d'une province dont on n'ignore pas le côté identitaire?

"Dangereux pour le monde politique"

Victor Pachon lors du dernier rassemblement
Victor Pachon lors du dernier rassemblement
Les diverses procédures de concertation prévues ne reviennent pas à se poser la question de savoir quel serait le meilleur choix de transport, mais à faire en sorte que le passage de la ligne soit accepté avec le moins de vagues et d'incidences possibles. Or, les associations de défense, en particulier le CADE (Collectif des Associations pour la Défense de l'Environnement) ne veulent pas de ligne nouvelle LGV comme le rappelle leur porte-parole Victor Pachon. "Il y a eu, rappelle-t-il, deux manifestations imposantes, cinq référendums avec des procédures de votes rigoureuses, et les résultats ont été que 90% de la population est contre". Neuf autres référendums seront organisés, et le porte-parole du Comité qui se défend de tout lien avec quelle formation politique que ce soit ne paraît pas douter de la réponse.. Et de mettre en cause "ces gens qui font les morts et qui ne songent qu'à écraser la volonté des populations par le rouleau compresseur". Selon Victor Pachon, les politiques mesurent mal ce qui est en train de se passer. "C'est une faute politique d'envergure " ajoute-t-il. Car en ne tenant pas compte de cette "volonté citoyenne" "une citoyenneté que nous avons gagné depuis longtemps", le fossé se creuse entre ces citoyens et le politique. "C'est dangereux pour le monde politique car il se montre incapable d'écouter, de s'adresser à la population, de créer le débat." Victor Pachon considère cela comme très dangereux, et, à ses yeux cela pourrait l'être encore plus "si nous étions des populistes". Il note toutefois que l'action a "infléchi des positions et que le Modem s'est prononcé pour l'arrêt du processus dans le Pays Basque Sud. Il est vrai que la consigne ferme du collectif est de ne pas voter aux élections régionales pour les listes des pro-LGV...

D'autres journées d'action

Les opposants doutent, études à l'appui, du succès du frêt sur rail, et donc de la nécessité et de la rentabilité d'une ligne nouvelle mixte (voyageurs et marchandise) et estiment que l'on pourrait s'arranger avec les lignes existantes (RFF invoque cependant de nombreuses difficultés techniques). De plus, affirme le porte-parole du CADE, le TGV en reliant les grandes villes entre elles et en ignorant les territoires "ne crée pas de lien social". Les témoignages des associations confrontées aux mêmes problèmes dans d'autres pays d'Europe le confirment. Ce n'est pas l'avis du préfet de Région et de RFF. Ils soulignent, au contraire, l'effet bénéfique sur les territoires, l'intérêt de la création de "haltes" sur la LGV dans le cadre d'un aménagement concerté avec la région Aquitaine en charge des TER.
En tout cas les incidences environnementales prévisibles, ainsi que celles sur l'agriculture ou la sylviculture ne sont pas moindres. Déjà la Safer-Aquitaine-Atlantique et RFF étudient les moyens de compensation. Des propriétés seront déstructurées par la ligne, ou privées de surfaces. Le fuseau occuperait selon RFF une bande de 50 à 80 m de large, mais pour les comités de défense ce serait beaucoup plus, avec des volumes de remblais gigantesques. Au Pays Basque, on enterrerait une partie de la voie.... Une aubaine sans doute pour les entreprises, mais sans doute pas pour l'environnement, ni pour les budgets des départements qui sont sollicités. Cela, estime-t-on, sans véritable prise en compte des aspirations et des besoins des territoires et de leurs populations.
En tout cas les anti-LGV ne semblent pas vouloir reculer:une journée d'action "défense du wagon isolé" (Cgt, CADE, Bizi) est annoncée pour le 6 février à Bayonne, une autre le 6 mars à Nérac (le Lot-et-Garonne est concerné par la branche prévue vers Toulouse). Du côté de RFF on laisse entendre que ce n'est pas une manifestation qui va stopper le programme et que la procédure va se poursuivre comme prévu.
Mais face à ce concept de la déferlante de transport ferroviaire Nord-Sud -aux dépens des liaisons transversales- il faudra toujours entre 6 et 8h pour aller de Bordeaux à Lyon et passer par Paris- les comités de défense auront beaucoup à faire s'ils ne veulent pas être le pot de terre. D'autant que derrière tout cela il y a deux démarches économiques qui s'opposent: d'un côté le retour à l'activité de proximité, et de l'autre la politique marchande du grand large, celle venue du Nord...
Mercredi 27 Janvier 2010

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Tags : action, basque, cade, lgv
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