Emmanuel Macron enterre l'agriculture intensive



Ph Présidence
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Le discours-programme agricole d'Emmanuel Macron prononcé à mi-parcours des Etats-Généraux de l'Alimentation est plutôt bien accueilli par les parties concernées, y compris par M-E Leclerc qui pousse un "ouf" de soulagement après avoir entendu le président de la République

M-E Leclerc avait craint "un accord politique" en faveur de ses concurrents et s'était fait le défenseur des consommateurs qui, selon lui, par le jeu du relèvement du seuil de revente à perte, allaient devoir payer plus tous les produits. Mais dans son discours Macron limite se relèvement -dont il n'indique pas l'ampleur- aux produits alimentaires.
Dans une interview sur Radio Classique la présidente de la FNSEA Christiane Lambert affirme qu'il est faux d'avancer 15%, et que la hausse se limiterait -pour les consommateurs- à 1 ou 2%. Ceux qui connaissent le fonctionnement des marché et se méfient du dessous des cartes remarqueront cependant que le Président de la République entoure son projet des propositions de contractualisation, d'un pressant appel à l'organisation des producteurs, ainsi qu' à l'élaboration de plans de filières. Ce qui contraste d'ailleurs étrangement avec les dispositions de l'ordonnance travail qui ne veut plus d'accords de branches....
 Mais pour en rester à l'agroalimentaire, il n'est pas impossible que la grande distribution -qui règne en force puisqu'elle écoule 75% des produits agricoles- reprenne d'une autre main ce qui lui est enlevé. La mécanique pourrait accélérer  l'impératif de compétitivité, qu'il s'agisse d'agriculture conventionnelle, sous label, ou bio. Il paraît que -par une loi- l'on inversera la formation du prix payé à l'agriculteur, en partant des coûts de production. Or, la question des prix de revient a toujours été une bouteille à l'encre. De plus, on sait que celui qui paye commande d'une façon ou d'une autre. Pour contrer le pouvoir de la grande distribution, il faudrait encourager d'autres formes de distribution ou dresser en face d'elle un contre-pouvoir économique. Deux générations d'agriculteurs s'y sont déjà employées avec un succès mitigé. Peut-on aujourd'hui mieux faire? La question est posée.
L'autre élément marquant du programme Macron est l'enterrement de l'agriculture intensive française, puisqu'il a considéré qu'il est inutile de se battre contre le poulet du Brésil ou les 100 000 vaches chinoises. Notre président ne fait qu'envisager un repli vers le bio et les labels qui, en dehors de la France ne sont pas toujours très porteurs sur les marché étrangers. Comme E.Macron n'a évoqué ni le CETA, ni la PAC, les "passoires" européenne, il n'est pas exclu que cela nous conduise à importer davantage de produits alimentaires issus des agricultures industrialisées du monde. En tout cas il est à craindre que la France ne retrouve pas de si tôt son rang de puissance agroalimentaire...
Par ailleurs on parle peu-ou pas- du rôle de l'agriculture et de l'agriculteur dans un espace rural confronté à de multiples problèmes.
Gilbert Garrouty

Un passage-clé du discours d'Emmanuel Macron


Christiane Lambert sur Radio Classique

Jeudi 12 Octobre 2017

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