Festival d'Avignon: Romie Estèves dans "Transfabbrica" de Christine Dormoy



Ph  Pierre Grosbois
Ph Pierre Grosbois
Ce n’est pas nouveau :les pièces de théâtre nous renvoient parfois à la figure les aberrations de notre société, cette société dont nous sommes pourtant les acteurs. Il arrive en effet que des auteurs les mettent en scène, et que la vérité trop crue se heurte à des résistances. Ce fut le cas pour deux des œuvres qui on inspiré Christine Dormoy dans la mise en scène de Transfabbrica, une pièce actuellement présentée en création dans le cadre du Festival Off d’Avignon, et dans laquelle la mezzo-soprano bordelaise Romie Estèves en alternance (avec Isabel Soccoja), est l'ouvrière d'une aciérie génoise qui témoigne de son histoire.
Le poème symphonique pour 100 métronomes de György Ligeti fut interdit en 1963. Quant à la Frabbrica IIluminata de Luigi Nono, elle fut exclue par la RAI. Or, en ces temps laissant plus d’espace à la liberté d’expression, Christine Dormoy se sert de ces œuvres, ainsi que celle de Luciano Berio et des écrits de Pier Paolo Pasolini qui a vu s’éteindre les lucioles, pour « zoomer » sur les années 70. La synthèse entre disciplines artistiques pour un « théâtre-réalité » évoquant le travail à l’usine, le passage des temps d’avant à ceux d’aujourd’hui pour arriver à la « dictature de la société de consommation » nous donnent à voir et à entendre une réjouissante coïncidence théâtrale, une pièce novatrice inclassable, mêlant théâtre, chant, danse, musique, création vidéo.
Tout ceci semblerait nous conduire sur les hauteurs intellectuelles et élitistes fort éloignées du travail manuel quotidien. Mais Christine Dormoy insiste sur sa volonté de « mise en voix » et d'incarnation dans le corps, qui rendent cette approche accessible, ce qui lui tient très à cœur. «J'ai pour souci permanent de me demander si mes parents qui sont paysans comprendraient ».
En tout cas la mezzo soprano Romie Estèves est ravie du rôle inédit qui lui a été confié, dans lequel l'éventail expressif est d'une grande richesse. "Je trouve intéressant de prêter ma voix à des genres multiples tels que l'opéra, la musique contemporaine, le théâtre musical, la musique populaire. Je suis attirée par cette pluralité qui reste en moi comme un réseau des possibles" . La pièce est en effet faite d’un peu de tout cela, et Romie Estèves et Isabel Soccoja en sont, chacune à leur tour, le point de rencontre.

  • LA PIECE:
Transfabbrica de Pasolini, Nono, Beri, Ligeti au Théâtre du Petit Louvre,à 20H40, à Avignon, jusqu’au 25 juillet.
Mise en scène : Christine Dormoy
Scénographie : Philippe Marioge
Avec : Isabel Soccoja, en alternance
avec Romie Esteves, mezzo-soprano
Olivier Renouf, danseur
Christine Dormoy, comédienne
Étienne Graindorge, musicien son
La pièce est une production déléguée de la Compagnie Le Grain–Théâtre de la voix / Diem (Bordeaux). Le Grain est subventionné par le ministère de la Culture–DRAC Aquitaine, le conseil régional d’Aquitaine, le département de la Gironde et la ville de Bordeaux
Coproduction Opéra national de Bordeaux, Arcadi Île-de-France, Oara, Musée du Saut du Tarn.



Mardi 14 Juillet 2015

Lu 446 fois



Notez

Nouveau commentaire :
Twitter


Dans la même rubrique / et surfez sur les rubriques de Paysud
< >

Mercredi 13 Juillet 2016 - 23:18 Festival de Théâtre de Sarlat:les trois coups

PaysudTv | Economie | Régions | Agriculture et alim. | Vie des spectacles | Société | Cinéma et tél. | Cuisine | Environnement | Evènements | Expositions | Livres | Talents d'ici | Tourisme | Agenais | Gironde | Périgord | Paysud mag | Foires et Salons | Festivals | Ecouter et Voir | LES BREVES














Recevez notre infolettre




Facebook
Twitter
LinkedIn
Google+
YouTube
Rss
Video
Mobile

Partagez Paysud en un click