Guadeloupe:manifestants et force de l'ordre face à face


Nous pouvons nous flatter, grâce à nos correspondants en Guadeloupe, d'avoir été parmi les premiers à attirer l'attention sur la présence d'une crise sans précédent dans l'île, laquelle présentait tous les risques d'extension à tout l'Outre-Mer. Près d'un mois après c'est fait. La Martinique est elle-aussi entrée dans la danse, ainsi que les autres territoires. Face à ces mouvements, le gouvernement et le Président de la République se sont trouvés forts dépourvus. Résultat: les négociations sont une fois de plus en panne au moins sur sur la question des salaires. Et le ton monte ce lundi à Pointe-à-Pitre avec des barrages sur la voie publique qui ont entraîné l'interpellation d'une quarantaine de membres du LKP


La queue pour un peu d'essence
La queue pour un peu d'essence
De toute évidence aussi bien la majorité que le Président n'ont pas su trouver un programme à la hauteur d'une situation qui appelle à des solutions urgentes. Celles-ci passent sans doute par la réponse à une série de questions -132 selon le dossier, et c'est la 132e, celle des salaires qui aurait fait capoter les discussions- mais aussi par la parole. Pas le moulin à parole, mais par les mots, ces mots que savait si bien trouver avec la solennité nécessaire le général de Gaulle. En l'occurrence parler de la France, et de ce que représente celle-ci, et dire ce que représentent les populations des iles pour la France, aurait pu rappeler chacun à ses devoirs. Quelques vérités n'eussent pas fait de mal à entendre comme l'inadmissible mainmise de quelques familles ou groupes sur l'économie locale, et l' excessive exploitation de la main d'oeuvre. Mais il convenait aussi de rappeler que tout coûte inévitablement plus cher rendu sur place en raison des frais de transport et des taxes et impôts servant à financer les deux collectivités (département et région). Rappeler également que la Guadeloupe coûte déjà très cher à la métropole:deux milliards d'euros par an. Dire aussi que les blancs et les autres sont dans la même galère et que la Guadeloupe appartient autant aux uns qu'aux autres au vu de l'histoire, même si les diverses communautés ne s'y sont pas implantées pour les mêmes raisons. Or, pris de court le gouvernement a dépêché Yves Jego, dont le rôle ne pouvait se situer au niveau des grands principes. Il faut dire que celui-ci a plutôt bien négocié avant d'être plus ou moins désavoué par Paris.

Un comité n'est pas un plan

La queue pour un peu d'essence. Mais nombre de postes ont réouvert
La queue pour un peu d'essence. Mais nombre de postes ont réouvert
La création d'un comité interministériel décidée par Nicolas Sarkozy, était sans doute nécessaire, mais ce n'est pas en soi un plan. Il y a en a pourtant un en préparation selon Yves Jego. Il serait grand temps de l'annoncer et de le mettre en application car l'économie guadeloupéenne est en train de couler, au point que les présidents socialistes de la Région et du Département s'inquiètent de la situation et appellent à un assouplissement de la grève. Les pertes de la branche touristique sont colossales, ainsi que celles de toutes les entreprises qui sont au bord du dépôt de bilan, ou l'ont déposé (140 dit-on). De plus les enfants ne vont plus à l'école, l'approvisionnement alimentaire est en panne, la nourriture doit être parfois rationnée, l'essence manque, les trafics se multiplient, les prix sont en hausse. On peut donc tout de même s'interroger sur les causes profondes du mouvement, ainsi que sur le but réellement poursuivi par les leaders du collectif LPK, en particulier Elie Domota qui n'hésite pas à fouiller le passé peu brillant il est vrai de l'esclavagisme et du rôle de Napoléon en la matière. La métropole a sans doute des fautes à reconnaître, mais remuer la boue n'a jamais senti très bon. Face à la panne des négociations, le collectif estime qu'il n'y a pas d'accord sur les 131 points, et annonce un durcissement de l'action. Il semble cependant que la lassitude et le besoin fassent maintenant entendre leurs voix si on en juge par de nombreux commentaires dans les forums sur Internet. Pressions et menaces visant à contraindre aux fermetures et à la grève y sont aussi souvent mises en question. Signe de détente:nombre de postes d'essence sont à nouveau ouverts, et le jour de la Saint-Valentin les restaurants se sont remplis. Paris mise sans doute sur cette lassitude,sur le pourrissement de la situation, mais c'est un choix tout de même risqué.

Une quarantaine d'interpellations

Ce lundi l'heure est au durcissement. Des barrages faits de palettes, de vieux pneus de carcasses de voiture sont apparus dans la zone d'activités du Gosier et à celle de Petit-Pérou près de Pointe-à-Pitre. Au Gosier les barrages ont été défaits et reconstitués plusieurs fois, manifestants et policiers jouant au chat et à la souris. Une quarantaine de manifestants ont été interpelés pas les forces de l'ordre suite aux diverses actions et conduits au commissariat. Le préfet, Nicolas Desforges, explique de son côté que l'intervention des gendarmes s'inscrit dans le cadre d'une opération de "sécurisation". Le LKP répond donc par le durcissement à la demande d'assouplissement exprimée par les présidents des deux collectivités locales. Le collectif semble ainsi vouloir faire obstacle au rétablissement éventuel de la circulation et de l'activité dans l'île suite à la réouverture des stations service. Il rejette également la proposition des 100 euros émise par les collectivités. De son côté, Yves Jego demande au patronat local de faire un effort. Mais le Medef de Guadeloupe redoute les conséquences de la grève et invoque les dépôts de bilan qui vont devoir intervenir, ainsi que la perspective de suppression de 8000 à 12 000 emplois. En fin de journée on a appris que Nicolas Sarkozy recevra jeudi les élus d'Outre-Mer.
Lundi 16 Février 2009

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