L'agriculture française bientôt prise entre deux feux de libération des échanges?


Les projets d'accords commerciaux négociés dans l'ombre avec l'Amérique d'une part, et avec l'Ukraine d'autre part, pourraient bien être le choc des prochaines années.


Manifestation d'Ukrainiens à Paris (copie écran Line Press-AFP)
Manifestation d'Ukrainiens à Paris (copie écran Line Press-AFP)
Les débats politiques franco-français paraissent bien dérisoires par rapport à ce qui se trame dans l'ombre, une ombre que se gardent bien, parfois, d'éclairer les "politiques" de tout bord. Mais qu'on le veuille ou non, ce mardi Marine Le Pen, lors de sa visite au Salon de l'Agriculture, a désigné ce qui pourrait bien bouleverser l'économie de la France et de l'Europe dans un proche avenir:les négociations d'un projet de libéralisation des échanges entre l'UE et l'Amérique du Nord. Il s'agit du projet de Pacte transatlantique sur le commerce et l’investissement (PTCI) donc entre les États-Unis et l’Europe. Il est clair que les artisans du libre échange, de la globalisation économique ne désarment pas, et qu'ils poursuivent leur travail sous-terrain.
La présidente du Front National n'est pas d'ailleurs la première à dénoncer la menace. A l'autre "bord" ATTAC l'avait fait en novembre dernier évoquant des négociations "qui se déroulent dans la plus grande opacité sans que l'opinion publique ou ses représentants n'aient eu accès au mandat de négociation". Il est évident qu'un éventuel aboutissement peut concerner les consommateurs (volailles désinfectées aux solutions chlorées, produits aux hormones et aux OGM). Mais il placerait la France, premier agricole d'Europe -donc notre agriculture-en première ligne
Cependant il ne faudra pas se garder seulement à l'Ouest, l'Est aussi menace. La Commission européenne qui dispose d'un pouvoir absolu en la matière, a négocié un autre projet d'accord, avec l'Ukraine celui-là. S'il est pour l'instant en panne, il est certain qu'il passera (psychologiquement) comme une lettre à la poste, sous couvert d'aide à la démocratisation du pays. Or, l'Ukraine est un grand pays agricole. Elle peut transformer à moindre coût ses céréales en lait, produits laitiers, volailles. Un régime de quotas limiterait certes, l'impact, mais on sait ce que vaut le système. N'oublions pas non plus que des grands groupes français, y compris coopératifs, sont déjà présents dans le pays. Comme pour le PTCI la teneur de l'accord et ses conséquences ne sont guère expliquées. Jusqu'au jour ou l'opinion sera placée devant le fait accompli. On évoquera alors, oubliant combien il faudra faire rouler les camions ou naviguer les bateaux, "l'impact positif" sur les exportations, le commerce, et l'emploi....Bizarre, le chômage n'a fait qu'augmenter depuis que nous sommes entrés en mondialisation débridée....
Gilbert Garrouty


Mardi 25 Février 2014

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