Le sarkozysme à la peine après les cantonales

Ce n'était certes pas les présidentielles, mais le scrutin de dimanche montre comment la majorité de 2007 se prend les pieds dans le tapis



Ph DR
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Ce n'était "que" des élections cantonales, mais Nicolas Sarkozy et l'UMP viennent de connaître une déroute que même une victoire dans l'aventure libyenne ne gommera pas. Un Front National à deux points du parti qui nous gouverne, lui même loin derrière le PS, cela prend une allure de descente aux enfers sous l'oeil ironique d'une femme politique que l'on veut diaboliser. Parallèlement l'on palabre pour savoir si on lui oppose ou non un front républicain, tandis que d'autres se concertent en vue de l'organisation de rassemblements anti-FN. Première remarque: qui est le moins républicain, celui qui s'en remet au résultat des urnes, ou celui qui tend à empêcher leur expression par la force?
Le piège- Avec 55% d'abstentions, et seulement la moitié des citoyens appelés aux urnes, il convient cependant de relativiser la signification de ce scrutin, encore que, si on croit les indications de certains sondages, le FN y dispose de fortes réserves. En réalité la majorité présidentielle est prise par une première mâchoire du piège. En s'intéressant peu à ce rendez-vous départemental et aux rôles des conseillers généraux qu'elle a décidé d'enterrer avec sa réforme territoriale - position épousée dans l'indifférence par les grands medias- elle a démobilisé les électeurs, et en grande partie les siens. Or, le département, c'est le fruit historique de la Révolution, et aujourd'hui, le fonctionnement d'une politique de proximité axée sur les investissements locaux et sur l'action sociale. Le financement d'une salle des fêtes ou d'une maison de retraite, l'entretien des routes, l'aide aux associations, cela compte. On aurait pu le dire.

La revanche de l'électeur

L'enjeu de ce scrutin n'est pas toutefois demeuré entièrement local. Le citoyen votant a exprimé des rancoeurs, peut-être en premier lieu contre un style de politique, ou de présidence, ce qui l'a conduit à se tourner plus à gauche, ou plus à droite. Sa revanche face aux mécontentements imputables au chômage, ou aux salaires de misère. Ce n'est pas le hasard si le parti de droite chasse dans les zones populaires. Comment joindre les deux bouts avec un SMIC si faible, et parfois même pas atteint? Pour d'autres ce sont les retraites non revalorisées, la vie chère, le prix des carburants qui mine les budgets des habitants de l'espace rural, ce qui ne préoccupe guère Mme Lagarde.
France et Français -Pour d'autres encore, c'est le problème de l'immigration non contrôlée, une France dont la population change, la tristesse d'une France qui s'en va. Telles sont donc les autres mâchoires du piège. Tant va la cruche à l'eau qu'elle se casse. On a pas voulu aborder, et même parler de sujets considérés comme tabous, tels l'avenir de notre pays, l'euro et ses conséquences, les salaires, le logement, l'Europe, la mondialisation, la Chine, etc.etc.. Maintenant , après l'étouffoir, il ne faudrait pas qu'un écartèlement politique conduise la France à s'offrir, en plus de celle avec la Libye, le luxe d'une guerre intérieure de partis. Les missions des Rafale et du Charles de Gaulle nous coûteront assez cher. Le rassemblement serait de toute évidence plus utile.
Lundi 21 Mars 2011

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