Vins primeurs: le millésime 2009 tient ses promesses

Une journée en Bordelais sur la piste des primeurs (voir notre vidéo)



Ph Paysud
Ph Paysud
Le visiteur qui traverse pour la première fois les vignobles de la Gironde est en droit de se demander ce qui se passe dans les allées de châteaux, dans leurs parcs, sur les routes encombrées, sous les chapiteaux, et derrière les drapeaux qui flottent au vent de la tempête. C'est comme si c'était partout la fête, ou comme si toutes les filles de ces belles demeures avaient choisi cette semaine pour se marier. Eh bien non, pas plus de mariage que d'habitude, si ce n'est que des dégustateurs sont venus de très loin pour s'intéresser à la promesse de la "fillette" emplie de ce millésime 2009 dont ils attendaient l'arrivée avec une impatience d'amoureux. C'est dire que cette semaine 2010 des vins primeurs, évènement annuel dans le Bordelais, revêtait une signification particulière avec une levée de voile sur un millésime annoncé comme un des plus grands. Pour avoir répondu à un certain nombre d'invitations qui nous ont permis de juger par nous-même, nous pouvons dire que la réalité est à la hauteur de la promesse, en particulier -dans le domaine des rouges bien sûr- pour les appellations saint-émilion et satellites, bergerac, buzet (présents grâce au primeurs bios présentés pour la première fois), les pessac-léognan. Les hauts-médoc ne semblent pas quant à eux tous manifester l'embellie de la nature, laquelle s'exprime plutôt du côté d'autres appellations de la rive gauche de la Gironde.
2009 s'annonce donc comme une très grande année pour les saint-émilion. Exemple parmi d'autres: le Château Angélus (Premier Gand Cru Classé) présente juste ce qu'il faut de chair, une élégance exceptionnelle, et se déploie délicieusement sur les papilles. Un autre vin de la "famille", "La Fleur de Bouard" (lalande de pomerol) offre quant à lui un velouté, une rondeur accompagnée d'arômes enchanteurs.

Une première pour les bios

De son côté le Syndicats des Vignerons bios d'Aquitaine présentait pour la première fois les vins primeurs de ses adhérents, bien que tous ne rentrent pas dans le système de commercialisation des primeurs. Cela se passait au Château Franc Pourret, à Saint-Emilion où un chapiteau de dégustation avait été monté pour accueillir les échantillons d'une cinquantaine de producteurs de la région. Les vins issus de l'agriculture biologique, laquelle écarte désherbants, et autres produits chimiques de synthèse, ont le vent en poupe. Toutefois, comme l'explique Patrick Pouvreau (domaine Barreau-Lagrave, Saint-Emilion) ex-président du syndicat, le mouvement n'est pas aussi porteur qu'on pourrait le croire. Il souffre de la concurrence des vins dits "nature" qui affirment être la seule expression naturelle de la vigne , et écartent même le soufre dans l'élaboration du vin. Les vins bios sont cependant les seuls à être soumis au régime de la labellisation certifiée, et seule une liste très limitée d'intrants est autorisée. Pour être vendue comme "bio", la bouteille doit obligatoirement porter la mention "vin issu de raisins de l'agriculture biologique" et indiquer l'organisme certificateur en charge du contrôle. A noter aussi que le logo français et le logo européen de l'agriculture biologique peuvent cohabiter sur les étiquettes.

Crus bourgeois:le test de septembre

Thierry Gardinier (Ph Paysud)
Thierry Gardinier (Ph Paysud)
Pour sa part le président de l'Alliance des crus bourgeois, Thierry Gardinier, a fait le point au Château de Malleret, à Pian-du-Médoc, sur la mise en oeuvre de la nouvelle procédure d'attribution de la mention "cru bourgeois". Rappelons que l'ancienne procédure -qui portait sur les propriétés et non sur les produits- devait être modifiée, et que les réformes envisagées ont fait l'objet de grandes polémiques. Un consensus est cependant intervenu autour d'un projet qui prévoit la mise en place d'un système qui a fait ses preuves dans d'autres secteurs de l'agroalimentaire: la certification d 'un process. On a senti Thierry Gardinier modérément optimiste. "On est entré dans la zone de turbulences", dit-il. Désormais le super-label n'est plus accordé à une propriété pour 10 ans, mais chaque année pour le produit de celle-ci. Les 300 châteaux ont été visités et acceptés, mais c'est maintenant que leur vin est jugé par des professionnels sous le contrôle de Bureau Véritas. Le palmarès des examens sera publié à la mi-septembre, et sans doute tous n'y figureront pas. Ce sera alors le moment de vérité pour cette mention "cru bourgeois", ainsi que pour l'Alliance. Thierry Gardinier ne cache pas "que c'est sa dernière chance".
En tout cas, les châteaux des crus bourgeois tablent eux-aussi sur ce super millésime 2009 pour se refaire une santé économique. Cependant le négoce risque d'oublier un peu trop vite les vins en stock...

De Saint-Emilion au Médoc: la ronde des primeurs (vidéo)

Mercredi 31 Mars 2010

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