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L'agriculture aquitaine craint pour son économie du maïs avec la nouvelle PAC



Dominique Graciet et Claude Cochonneau (ph Paysud)
Dominique Graciet et Claude Cochonneau (ph Paysud)
Une nouvelle PAC (Politique Agricole Commune) plus verte, une loi d'avenir agricole qui renforce la couleur, mais une application nationale qui amortira toutefois un peu le choc. On peut résumer ainsi les perspectives qui s'annoncent pour l'agriculture française qui se retrouve prisonnière de la dite volonté des Etats européens et de la société soucieuse de protection de l'environnement. Ce qui n'empêchera pas cette dernière, notons-le en passant, de rechercher les prix alimentaires les plus bas -souvent grâce à l'importation- tandis que les entreprises françaises crouleront sous les contraintes.
Le risque n'échappe pas à nombre d'agriculteurs qui se mobilisent contre ces "empilements" qui alourdissent les charges et découragent de l'entreprise . Des voix ont soulevé le problème au cours de la session de la chambre régionale d'agriculture d'Aquitaine qui s'est déroulée à Bordeaux-Sciences-Agro (ex-ENITA), et ces craintes seront exprimées dans une motion. Le DRAAF, Hervé Durand, a de son côté développé ce que devrait être la marche à suivre pour la profession -notamment en vue de la mise en place d'un système d'assurance- et estimé que l'agriculture "ne doit pas s'enfermer dans son pré-carré".
La chambre régionale d'agriculture et la DRAAF se sont attelées à simuler ce que serait - notamment dans ses incidences financières-la PAC 2014-2020, et ces indications faisaient l'objet d'un débat animé par Philippe Abram, et auquel participaient notamment Jean-Pierre Raynaud, vice-président de la région Aquitaine en charge de l'agriculture, et Claude Cochonneau, président de la commission économique de l'APCA (Assemblée Permanente des Chambres d'Agriculture).

L'envers du vert

La PAC actuelle a apporté plus de 440 millions d'euros par an à l'Aquitaine. La nouvelle édition, profondément remaniée, devrait distribuer "un peu moins". L' Aquitaine sera moins impactée que les grandes régions céréalières grâce à une mécanique qui redirige une part des aides vers les petites et moyennes structures et l'élevage à l'herbe. Le système prévoyant une "surdotation" des 52 premiers hectares, il permettra une récupération, mais pas totale, puisque la surface moyenne de l'exploitation agricole n'est que de 36 ha en Aquitaine. Comme l'ont fait les jeunes agriculteurs les intervenants se sont inquiétés des conséquences pour une région agricole dans laquelle on trouve toute une "économie du maïs".
On le sait celui-ci est considéré comme porteur de tous les maux par les écologistes, et la profession a le plus grand mal à faire valoir des dispositions -telles la pratique du mulching- susceptibles de "verdir" la culture. "On risque de remettre en cause l'économie du maïs, et d'être contraint à des cultures moins rentables" a affirmé le président de la chambre d'agriculture Dominique Graciet. A ses yeux c'est tout le modèle aquitain qui est remis en cause, alors que ce dernier est un atout en matière de valeur ajoutée, d'emploi, et d'installation en agriculture. Pour Dominique Graciet c'est aussi une ouverture en direction de l'agrandissement des exploitations -celles-ci fonctionnant avec peu de main d'oeuvre- et de la "végétalisation" de l'agriculture.

Claude Cochonneau a remarqué de son côté que l'élevage utilisant le maïs peut lui-aussi être handicapé, et pas seulement en Aquitaine. Jean-Pierre Raynaud a toutefois indiqué sa volonté de défendre le maïs, et annoncé qu'Alain Rousset intervient auprès du gouvernement pour que les propositions des professionnels soient prises en compte.
Il a par ailleurs souligné que l'Aquitaine -qui gèrera une bonne partie des fonds européens- n'est pas uniquement dépendante de ces fonds dans ses actions de soutien. Concernant cette nouvelle compétence accordée aux régions Claude Cochonneau s'est montré sceptique. "Cela dépend des quelles..Je ne confierais pas les clés à certaines..." "Nous ne demandons pas les clés du camion en Aquitaine, ironisait Dominique Graciet, mais nous sommes à côté du camion...".
Gilbert Garrouty
Mardi 19 Novembre 2013

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